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Pour une douche froide, c’est une douche froide ! Dans le petit monde de la gastronomie lyonnaise, rien n’a trop filtré vers l’extérieur, mais la déception est réelle, après la cérémonie de remise à Paris des macarons Michelin par le célèbre Guide Rouge.

Tout au long de l’année, on connaît, on capte semaine après semaine, notamment dasn ces colonnes, la bouillonnante effervescence gastronomique et bistronomique lyonnaise.

C’est actuellement l’une des villes de France où règne le plus de créativité dans les cuisines. Toute une brigade de jeunes chefs (mais peu de jeunes cheffes, il est vrai, mise à part Tabata Mey qui officie à quatre mains avec son compagnon Ludovic aux Apothicaires), sont en train d’émerger.

La scène culinaire lyonnaise bouge tellement que même le Le Wall Street Journal  s’en est rendu compte, annonçant dans un récent article intitulé “The chefs shaking up Lyon’s food scene” , qu’ “une nouvelle génération de jeunes chefs transforme Lyon, bastion de la cuisine française formelle, en une destination de cuisine créative.”

Une seule pour Lyon

Mais pour autant le Guide Rouge n’a pas bougé un cil, ou presque ; alors que l’on a assisté cette année à une livraison record d’étoiles dans l’Hexagone : soixante-quinze au total ! Dans toute la France.

Mais une seule pour Lyon.

C’est une table de douze couverts seulement qui a toute seule bénéficié des projecteurs portés par le Michelin en gagnant sa première étoile.

Il s’agit en l’occurrence de « La Sommelière » du duo Takafumi Kikuchi et Shoko Hasegawa ; qui la mérite amplement ; mais c’est tout.

Quantité d’autres tables plus inventives, plus créatives que les autres, à l’instar de La Mutinerie ou de l’Ourson qui boit par exemple, auraient mérité d’être distingués.

On espérait aussi que Matthieu Vianney (La Mère Brazier) apporte enfin à Lyon intra-muros un trois étoiles. Il avait pour ce faire fortement investi dans le rajeunissement de son établissement, mais tous ces efforts se sont révélés vains. Il n’aura pas cette année son troisième macaron.

Malgré la disprition de Monsieur Paul, le Guide Rouge n’a pas voulu toucher à la statue du commandeur, Bocuse, à Collonges-au-Mont-d’Or, qui conserve ses trois étoiles. Le musée de la gastronomie française est intouchable. Il est vrai que si suppression il y avait eu, un an seulement après la mort du chef aussi connu à l’étranger que ne l’était le Général de Gaulle, le tollé aurait été d’ampleur.

Mais non seulement sur le marché très concurrentiel des étoiles, Lyon n’en a glané qu’une ; mais le Guide Rouge a de surcroît joué cette année au chamboul’tout, en en supprimant trois.

Guy Lassausaie, le chef de Chasselay dont la cuisine épouse un certain classicisme et une rigueur d’excellent aloi perd sa deuxième étoile.

Dégommés

Grosse surprise aussi pour Pierre Orsi, une des tables les plus célèbres de Lyon, au macaron détenu aussi depuis des lustres, perd avec stupeur son unique étoile.

Tout comme Clovis Khoury le chef de la « Maison Clovis » aux Brotteaux qui avait su allier cuisine de qualité avec des tarifs restés doux ; mais qui est lui aussi dégommé par les inspecteurs du Michelin...

Une volonté du Guide Rouge, cette année de faire le buzz en cartonnant fort dans une ville censée être une des capitales de la gastronomie française ? Tout comme il l’a fait pour le Savoyard Marc Veyrat en lui retirant sa troisième étoile ? Peut-être.

 Mais le Guide a perdu là l’occasion d’accompagner un mouvement qu’il finira bien par reconnaître. Obligatoire…

 On se consolera tout-de-même en regardant l’état des lieux étoilés actuels : outre Bocuse, trois deux étoiles et quatorze une étoile au compteur gastronomique. On aurait aimé voir une ou deux promotions dans ce vivier…

 Cette douche froide tombe en tout cas bien mal à l’heure où d’ici quelques mois on s’apprête à inaugurer l’un des derniers pans non encore dévoilé du Grande Hôtel-Dieu : la Cité de la Gastronomie. Une Cité qui, pour l’heure, fait pavillon bas…

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