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C’était le bébé alors de l’ancien président du Département du Rhône, Michel Mercier et de celui qui était alors celui du Grand Lyon : Gérard Collomb.

Ces deux élus ont été à l’origine de la création de la Métropole lyonnaise qui a vu officiellement le jour, après passage du décret au Parlement, le 1er janvier 2015.

A l’heure où les « gilets jaunes » contestent le « matraquage fiscal », quel est le bilan de la nouvelle entité territoriale qui, rappelons-le, a absorbé les compétences du Département du Rhône sur le périmètre de l’ex-Grand-Lyon, dont le RSA et le musée des Confluences pour ne citer que les plus emblématiques.

Des objectifs loin d’être atteints

Les responsables de Canol rappellent d’abord que les objectifs initiaux de cette création étaient notamment une baisse de la dépense publique globale et une plus grande efficacité, ainsi qu’une meilleure qualité des services perçue par les habitants.

Or, pour Canol qui s’appuie sur les chiffres des comptes administratifs de la Métropole, trois ans après, ces objectifs n’ont pas été atteints, loin s’en faut.

Les effectifs de la Métropole ont évidemment fortement augmenté lors de la fusion avec le département en faisant fortement augmenter la masse salariale : + 74 %. Or, contrairement à ce qui avait été annoncé, cette dernière a poursuivi ensuite sa hausse (+ 3,8 %).

Surtout, Canol constate que les 25 millions d’euros d’économie annoncés à l’origine sont absents et que la capacité d’investissement a diminué. A l’arrivée, « ses dépenses d’équipement sont très inférieures à celles du précédent mandat » : 10 points de retard, en comparaison avec le précédent mandat !

Une hausse de la fiscalité sept fois supérieure à l’inflation !

Au bilan, on s’en doute, vu ce qui précède, le poids de la fiscalité n’a pas diminué : l’augmentation sur trois ans (+ 14,5 %) est ainsi sept fois supérieure à l’inflation (faible à l’époque : + 2,1 %). Et on s’en doute, « Ce sont les ménages qui trinquent le plus, avec + 19,2 % », pointent les contribuables de Canol.

Paradoxe positif néanmoins, du côté du RSA (Revenu de Solidarité Active), même si cela alourdit encore les charges : alors qu’en France, le nombre d’allocataires a chuté (-2,4 %), il a augmenté dans la Métropole (37 306 en 2015, 40 000 en 2017, soit + 7,2 %). Pour Canol, la raison tient sans doute au fait que les bénéficiaires ont pu être mieux répertoriés avec la création de la Métropole.

Là où les contribuables de Canol sont encore plus sévères, c’est lorsqu’ils rassemblent les chiffres de l’ensemble Métropole/Département du Rhône, n’hésitant pas à parler de « catastrophe financière », sachant qu’au cours de la période étudiée, la hausse des dépenses (298 millions d’euros) qui a été de 12 %, s’est révélée plus forte que celle des recettes : + 8 %. Avec, de facto, une capacité d’investissement en baisse.

Les élus favorables, mais…

Quid alors du ressenti des habitants, trois ans après la création de la Métropole ? Hormis à la marge pour les transports urbains (27 % de ressenti positif), les habitants n’ont guère constaté le changement. Notamment dans le domaine des impôts locaux où à 75 %, plutôt négativement.

En revanche, les élus, eux aussi, interrogés se déclarent « favorables à son existence », « même si le Grand Lyon est devenu plus gestionnaire qu’investisseur. »

D’autres collectivités envisagent de passer au statut de Métropole. Pas sûr, au vu de cette intéressante étude, qu’ils poursuivent dans cette voie. Une certitude pour les auteurs de cette étude : « Le modèle existant doit évoluer avant d’être recommandé… »