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Il faut bien reconnaître que la décision par la ministre d’abandonner l’A 45 Saint-Etienne/Lyon n’a pas vraiment été une surprise.

Tout le laissait présager. Après le départ de Nicolas Hulot, il s’agissait pour le gouvernement de ne pas envoyer un mauvais signal ; d’autant qu’avec ses milliers d’opposants qui faisaient régulièrement entendre leur voix, le risque était grand de s’acheminer vers un nouveau Notre-Dame-des-Landes qu’annonçait ce chantier.

Des réactions qui s’expliquent aussi : c’est la première fois en France qu’on s’apprêtait à construire une autoroute quasiment parallèle à une autre autoroute avec à la clef une grosse consommation de terres arables.

Sans surprise non plus, les partisans de cet ouvrage autoroutier, Laurent Wauquiez, le président de la Région ; Georges Ziegler, celui du Département de la Loire et Gaël Perdriau, le maire de Saint-Etienne n’ont pas eu de mots assez forts pour dénoncer cet abandon : « indigne,… incompréhensible sur le fond comme sur la forme ».

Pour le collectif A45, composé de décideurs économiques sous la bannière de la CCI, « cet abandon sonne comme un véritable désastre. »

« Si le projet avait été simple et consensuel… »

Pour la ministre, Elisabeth Borne, peu de cases était en réalité cochées pour permettre la réalisation de l’A45 : « Si le projet était simple et consensuel, l’A45 serait réalisée depuis longtemps. On ne peut pas ignorer le prélèvement des terres agricoles, l’impact environnemental, l’absence du grand contournement de Lyon sur lequel l’A45 doit déboucher », a-t-elle listé dans une interview au Progrès.

Le messe est donc définitivement dite, on ne retournera plus en arrière et la meilleure attitude est désormais de trouver la parade en mettant rapidement en œuvre les meilleures alternatives possibles.

Les partisans de l’A45, stratégiquement, ne cessaient de scander qu’il n’y avait aucune alternative possible et que l’A47 Lyon/St-Etienne ne pouvait être améliorée.

En fait, même si c’est à grands frais et par endroit très complexe, un élargissement à 2X3 voies comme c’est déjà le cas entre Saint-Etienne et Saint-Chamond peut être envisagé. On sait que le nœud de Givors est là où ça coince le plus, et là, un « nouveau pont de franchissement sur le Rhône peut être envisagé ». C’est la ministre des transports qui le dit. Ce qui induirait une meilleure connexion avec l’A7.

950 millions d’euros : coût de la rénovation de l’A47

La même ministre a annoncé vouloir conserver les 400 millions d’euros que l’Etat avait budgété pour l’A45, « pour améliorer les relations entre Saint-Etienne et Lyon, que ce soit par la route ou par le rail. »

Or, dans un rapport paru en 2016, le centre d’études techniques et de l’équipement de Lyon avait estimé que la rénovation de l’A47 à 950 millions d’euros, soit pas très loin du coût de l’A45 (1,2 milliard d’euros).

On aura donc perdu beaucoup de temps, pour revenir à la case départ.

 Le mieux désormais pour avancer vite est que cette fois un consensus véritable se mette en place sans ressasser le passé, pour la rénovation de l’A47 et que tout le monde se mette le plus tôt possible autour de la table.

 Si cette fois encore, aucun consensus ne se fait jour, Saint-Etienne restera la métropole la plus mal desservie de la région, avec le ralentissement économique déjà sensible que cette situation injuste induit…