Alors ces emplois verts, ça vient ?

Dominique Largeron Alors ces emplois verts, ça vient ?

Six cent mille emplois verts d'ici 2020 ! Telles étaient les conclusions d'une étude réalisée à l'issue du Grenelle de l'Environnement par le Boston Consulting Group à la demande du ministre de l'Environnement Jean-Louis Borloo. La croissance verte devait aider la France à sortir rapidement de la crise.

Or que voit-on ? Des chiffres du chômage qui restent alarmants et des secteurs en voie de verdissement comme le bâtiment ou le bio qui n'embauchent pas pour autant. Ou trop peu.

La situation n'est pas meilleure en Rhône-Alpes qui -avec les éco-technologies tant vantées par  Gérard Collomb, maire de Lyon ou la filière photovoltaïque par Jean-Jack Queyranne- devraient donner le « la » du boom vert. Or, au contraire, la région Rhône-Alpes s'avère plus touchée que d'autres en matière de chômage. Cherchez l'erreur !

Il se passe d'abord que de nombreux chefs d'entreprises  ne voient pas la sortie de crise, comme l'illustre le taux encore important de pessimistes parmi eux. Dans le doute, ils ne prennent pas le risque de recruter.

Une autre explication peut s'ajouter à celle-ci. Face aux destructions massives d'emploi dans l'économie que l'on peut qualifier de traditionnelle, la nouvelle économie verte est encore trop jeune, trop embryonnaire pour créer des flux importants, même si par exemple on estime que sur le secteur de la distribution bio, de 20 à 30 nouveaux magasins devraient voir le jour en Rhône-Alpes cette année, suscitant près de 150 nouveaux emplois.

A contrario, dans le secteur du bâtiment, les contraintes ne sont pas encore suffisamment fortes puisque les normes Grenelle de l'Environnement ne seront contraignante dans la construction qu'à partir de 2012. Or, on estime que le bâtiment vert devrait amener la création de 1 500 à 2 000 nouveaux emplois chaque année en Rhône-Alpes.

Bien déçu, après avoir fait sonner les trompettes de l'emploi vert, le gouvernement a été obligé de réagir. Jean-Louis Borloo a demandé à sa discrète secrétaire d'Etat, Valérie Létard, de préparer un plan national de mobilisation en faveur des emplois verts. Il sera présenté dans la deuxième quinzaine de janvier par le président de la République lui-même à l'occasion d'une Conférence nationale sur le développement des emplois verts.

Dix comité de filières travaillent actuellement pour identifier les métiers verts en tension et pour mettre en lumière les besoins en formation qui en découlent. D'autres mesures devraient être annoncées à l'occasion de cette conférence nationale. Rhône-Alpes pourrait se retrouver à cet égard en première ligne, sachant que le gouvernement entend mener des expérimentations dans quatre ou cinq Régions françaises.

Une chose est sûre néanmoins : le volontarisme politique risque de tourner à vide sans la courroie de transmission des chefs d'entreprise.
Tout dépendra donc de l'appréhension de la situation économique par ces derniers au cours des prochains mois.

Pour l'heure, le badigeon vert sur l'emploi s'avère bien pâlichon.

Publié le  11 janv. 2010 par Dominique Largeron. Dernière mise à jour le  11 janv. 2010 
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