Développement économique : la Région veut plus que jamais jouer les chefs de file

Développement économique : la Région veut plus que jamais jouer les chefs de file

Parmi les nombreux sujets à l'ordre du jour de la prochaine assemblée plénière de la Région à Charbonnières, les 24 et 25 février prochains, figurera le Schéma de développement économique régional.

Ce ne sera pas le premier, puisque déjà à deux reprises, des stratégies à cinq ans ont été élaborées par la région Rhône-Alpes. Mais celui qui sera discuté par les élus régionaux sera sans doute celui qui aura demandé la plus vaste concertation.

Qui plus est, la définition de la stratégie économique de la région pour les cinq ans à venir (2011/2015) aura assurément, en cette période de sortie de crise, un rôle d'impulsion non négligeable. Certes, le budget de la région ne pèse que 0,8 % du PIB régional, mais il joue un rôle d'entraînement par les financements croisés qu'il suscite et les compétences qu'il met en œuvre.

Le rôle de fédérateur des énergies de la Région est en outre peu contesté : l'espace de Rhône-Alpes, peuplé comme le Danemark et grand comme la Suisse, constitue la meilleure dimension pour agir sur un certain nombre de facteurs : l'innovation ou la formation par exemple, deux des compétences de la Région.

Dans le passé, la création des clusters et l'appui aux pôles de compétitivité figurait dans les schémas antérieurs. On l'a vu : ils ont permis de structurer efficacement le paysage économique et de dynamiser l'activité.

Le Schéma de développement économique 2011/2015 qui sera présenté lors de la prochaine assemblée plénière s'est donné pour objectif de développer les outils permettant d'accompagner la croissance des entreprises. Il pourrait ainsi déboucher sur « Un plan PME ». Il insiste également sur le développement international des entreprises (donc l'export) et sur l'attractivité de la région dans le but d'attirer sur son sol des entreprises extérieures.

La quatrième priorité mise en avant par ce Schéma de développement économique est constituée par des efforts en faveur de l'innovation dans les entreprises, avec une poursuite de la politique en faveur des clusters et des pôles. Et la dernière, dans la foulée des Etats-Généraux de l'industrie vise à « la transformation de l'industrie au regard des défis économiques, sociaux et écologiques ». La création d'un Institut Confluences « pour le développement de l'économie industrielle en Rhône-Alpes »  est d'ailleurs proposé par le CESER (1) pour accompagner cette stratégie.

Derrière ces cinq priorités, Jean-Louis Gagnaire, vice-président de la Région, qui présentera aux élus ce schéma de développement, distinguera un certain nombre de leviers d'action concernant l'ingénierie financière, avec la création d'un fonds régional d'investissement pour les PME, voire, d'un Pôle régional d'ingénierie financière, mais aussi une ingéniérie de l'innovation ou un développement encore accentué de l'entrepreneuriat.

Le dialogue social et le développement de l'Economie Sociale et Solidaire qui représente 10 % des emplois régionaux figureront aussi parmi les leviers d'actions affichés. Parmi les objectifs mis en avant : la création d'une quatrième Ecole de la deuxième chance (2) : à terme, chacun des huit départements de la région pourrait en bénéficier.

En lançant en fin d'année dernière le débat autour de ce Schéma de développement économique, Jean-Jack Queyranne l'avait assuré : "Il s'agit de consolider notre potentiel économique, notamment industriel, de recherche et de formation universitaire. Ce que nous voulons impulser aujourd'hui, c'est une nouvelle dynamique, forte, régionale, de réseaux, attractive et lisible à l'international, avec comme fil conducteur l'innovation".

ll a d'ailleurs reçu mardi 15 février le renfort du CESER qui regroupe les forces vives économiques de la Région et qui s'est prononcé à une majorité de 95 voix sur 110 votants en faveur de ce schéma. La CGT et le FSU ont notamment voté contre.

Pour alimenter le débat, les membres du CESER n'ont pas manqué de lister quelques lacunes ou manques de ce Schéma : l'absence du tourisme qui rassemble tout de même 12 % des emplois régionaux ou le manque de vision à plus long terme, voire encore le risque du développement de quelques secteurs d'excellence au détriment de l'aménagement du territoire régional.

Une certitude : pour être réellement efficace, ce Schéma de développement économique devra être consensuel. Ce sera l'enjeu des débats des 24 et 25 février prochains.

(1) CESER : Conseil économique social et environnemental régional. Basé à Charbonnières au siège de la Région, il n'a qu'un rôle consultatif, mais porte la voix des acteurs économiques et sociaux de la région.

(2) L'Ecole de la 2ème Chance (E2C) accueille de jeunes adultes, âgés de 18 à 25 ans, sans bagages scolaires et sans qualification. L'E2C leur permet de faire le point sur les enseignements de base, d'établir un plan de formation, de bénéficier d'un apprentissage et à terme de trouver un emploi.





Publiée le 16 févr. 2011 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 21 févr. 2011
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