L'économie verte peut nous aider à sortir de la crise

Dominique Largeron

Les révolutions automobiles, puis informatiques ont permis dans le passé aux pays industrialisés de retrouver après crise, des relais de croissance. Le prochain relais sera sans doute apporté par l'économie verte. Après les énergies durables, celle-ci commence à s'instiller dans l'industrie. Au prochain salon de l'auto de Lyon, en octobre, Renault commercialisera sa Fluence ZE et la Kangoo électrique. On y verra aussi de nombreux petits constructeurs. La chimie s'y met aussi : les deux principaux chimistes de la région, Arkema et Rhodia et l'énergéticien GDF-Suez viennent de relancer les bases de la reconquête de la vallée de la chimie lyonnaise par la chimie verte. Gage d'une accélération des investissements et de créations d'emplois.

L'économie verte peut nous aider à sortir de la crise

Pour l'instant, il faut bien le reconnaître, l'économie verte nous a laissé sur notre faim. On en parlait beaucoup, mais on ne voyait (presque) rien venir. La seule réussite, celle-de l'industrie photovoltaïque s'est piteusement traduite par 95 licenciements chez Photowatt à Bourgoin-Jallieu.

L'économie verte est pourtant peu à peu en train de pénétrer l'industrie, à commencer par les deux piliers de l'économie que sont l'automobile et la chimie. Et là, cette tendance qui s'annonce pourrait changer pas mal de choses.

L'automobile, d'abord. La stratégie verte des constructeurs va enfin connaître sa traduction concrète lors du prochain salon de l'auto de Lyon qui se déroulera à Eurexpo du 8 au 16 octobre. Après les effets d'annonce, les opérations d'espionnage fantoches (cf Renault) et les concept-cars qui ne sont jamais développés, pour la première fois, les constructeurs vont commercialiser leurs premiers véhicules verts.

Sur un espace dédié « Electric city », on pourra admirer, tester et acheter les 1ères Renault zéro émission : la Fluence ZE, au prix d'une voiture diesel, ainsi que la Kangoo. On l'a assez souligné, Renault joue gros en étant le seul constructeur au monde à faire le pari de la voiture 100 % électrique. Riche en équipementier automobiles et en producteurs de logiciels dont les voitures sont consommatrices, Rhône-Alpes est bien outillée pour tirer partie de cette révolution. Elle est notamment leader dans les smart-grids, systèmes informatiques qui permettent d'optimiser la production d'énergie.

La chimie ensuite. Là aussi une révolution dont on n'apercevait que de loin les contours est en train de s'opérer. Cette tendance s'est déjà traduite par la création dans la région de 1 700 éco-entreprises (+ 40 % en dix ans).

Elle s'est spectaculairement accélérée la semaine dernière avec le lancement officiel par les deux plus gros chimistes de Rhône-Alpes, Rhodia ( 2 700 personnes dans la région) et Arkema ( 2 700 salariés également), et l'énergéticien GDF-Suez, présents au côté de Gérard Collomb pour lancer INDEED, un Institut des énergies décarbonées. Il s'agit ni plus ni moins de mettre au point les procédés qui, au cours des dix années à venir, vont permettre d'élaborer des produits chimiques consommant beaucoup moins de CO2 et faisant appel aux matières végétales plutôt qu'au pétrole.

Le premier effet sera -sur le long terme, certes- de revaloriser l'image de la vallée de la chimie qui passerait au rang de laboratoire de niveau mondial de la nouvelle chimie.

A la clef, fournis par le Grand Emprunt, des investissements de 150 millions d'euros, susceptibles de créer directement plus de 2 000 emplois, suscitant également de nouvelles filières industrielles dans les bioénergies et le recyclage. Permettant ensuite d'exporter dans le monde les technologies qui seront mis au point à Feyzin, Décines, Bron, Saint-Fons, Oullins...

L'histoire de l'économie de marché nous l'a montré. Il a fallu à chaque fois faire appel à de nouvelles technologies émergentes, de nouveaux relais de croissance, pour surmonter les crises économiques. Ce fut le rôle de la révolution automobile, puis celui de l'informatique.

Pour beaucoup d'économistes, le prochain relais, par les investissements phénoménaux qu'il va nécessiter, est le passage à l'économie verte . Cela va prendre du temps. Mais nous y sommes enfin de plain pied. Une révolution en profondeur dont nous ne serons pas seulement spectateurs : dans ces différents domaines, Rhône-Alpes est plutôt à la pointe. Une petite lueur d'espérance brille donc au bout de la crise que nous traversons.
Dessin : Friandart

Publié le  18 sept. 2011 par Dominique Largeron. Dernière mise à jour le  19 sept. 2011 
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