EM LYON - DIRECTION ACTIVITES ENTREPRISES

04 78 33 77 07

L'entrepreneuriat, valeur montante

Dominique LargeronL'entrepreneuriat, valeur montante

Les Français ne voudraient plus travailler, ne s'intéresseraient plus qu'à leurs week-ends ou leurs loisirs, les jeunes auraient pour seul rêve de devenir fonctionnaires ? Ces rengaines que l'on entend fréquemment ne correspondent pas à la réalité de notre pays. Les Français ne demandent qu'à s'impliquer dans le travail, mais pas dans n'importe quelles conditions.

En témoigne un sondage (*) réalisé à l'occasion du Salon des entrepreneurs qui se déroule au Centre des congrès de Lyon, les 23 et 24 juin.

Le succès du statut d'auto-entrepreneur que d'aucuns ont analysé comme un feu de paille témoigne en fait d'une envie plus profonde. Si l'année dernière, la France a créé plus de 500 000 entreprises, c'est parce que d'une manière simple, les Français désireux d'entreprendre pouvaient le faire d'un clic de souris.

Selon ce sondage, à la question « aimeriez vous être entrepreneur aujourd'hui ? », près d'un tiers des Français (très précisément 32 % d'entre eux) répond « oui » ou « oui probablement ». Ce qui représente 16 millions de nos concitoyens âgés de 18 ans et plus, qui envisagent de créer leur « boîte ».

Mieux, le phénomène n'est pas prêt de se tarir, puisque de 18 à 29 ans, à cette même question, un jeune sur deux (exactement 51 %) avoue vouloir être entrepreneur.

Ce même sondage montre que Rhône-Alpes, région particulièrement développée au niveau industriel, recèle une confiance et une sensibilité encore plus forte que la moyenne nationale, à l'entrepreneuriat. Si 53 % des Français pensent que chacun peut devenir un entrepreneur, les Rhônalpins sont 66 % à voir en chacun de nous une graine d'entrepreneur.

Bien sûr, il y a loin de la coupe aux lèvres. Tous ces sondés enthousiastes face à l'entrepreneuriat ne deviendront pas demain chefs d'entreprise, loin s'en faut. Mais ce sondage illustre un nouvel état d'esprit. Pendant longtemps, les créations d'entreprises stagnaient désespérément en France sous les 200 000. Depuis une dizaine d'années, le phénomène entrepreneurial ne cesse de s'amplifier.

Pourquoi ? Si l'on observe le paysage de la région lyonnaise, loin d'être unique en la matière, on constate depuis une décennie, un travail de fond en faveur de l'entrepreneuriat.

Un travail qui démarre auprès des lycéens et des étudiants, à travers par exemple l'opération Campus Création. Mais aussi au sein d'EM Lyon qui a mis l'entrepreneuriat au cœur de sa démarche ou le concept de « Lyon ville de l'entrepreneuriat » qui a permis de fédérer tous les acteurs et ils sont nombreux ! Le terreau est là, avec ses incubateurs, ses pépinières d'entreprises, jamais aussi nombreuses et qui viennent de se regrouper en une association régionale pour accroître leur efficacité en mutualisant ce qui est possible de l'être.

Que manque-t-il encore ? Le nerf de la guerre, l'argent. Si les business angels sont de plus en plus actifs, à Lyon, comme à Grenoble, les banques sont, elles, de plus en plus frileuses. Une tendance qu'essaient de pallier des associations d'aides aux entreprises comme le Réseau Entreprendre par exemple, ou des aides publiques, voire encore des établissements publics comme Oséo, mais ce n'est pas suffisant.

Il faudrait qu'une réponse encore plus large réponde en écho à cette volonté entrepreneuriale. Pour que les 17 000 visiteurs attendus cette année au salon de l'entrepreneur (contre 15 000 l'année dernière) puissent traduire dans la réalité leur ambition. Encore un effort !

(*) Etude réalisée par OpinionWay auprès d'un échantillon de 1 047 personnes représentatifs de la population française de 18 et plus.

Publié le  21 juin 2010 par Dominique Largeron. Dernière mise à jour le  22 juin 2010 
Figure dans les rubriques 
L'édito de la semaine
Création d'entreprise
Entrepreneuriat
EM LYON - DIRECTION ACTIVITES ENTREPRISES