APRIL ASSURANCES
La Bourse en 2010 : pas si mal, finalement !
Dominique Largeron
Petit bilan de la Bourse en 2010, en vous souhaitant une bonne année à l'occasion de cette première chronique 2011: contrairement aux apparences, il n'est pas si mauvais que cela. Si on n'observe l'évolution de la Bourse qu'à l'aune du CAC 40 qui regroupe les quarante plus grosses capitalisations de la cote, il n'y a effectivement pas de quoi pavoiser. Le CAC a terminé l'année à 3804 points, en dessous de son niveau du 1er janvier 2010 et finit de ce fait dans le rouge : - 3,34 %.
Mais ce mauvais score ne reflète pas celui de l'ensemble de la planète Bourse. Le Dow Jones à New York finit à + 11 %, Francfort reflétant la bonné santé de l'économie allemande, à 16 % et même Londres réussit à s'octroyer 9 %. Ne parlons pas des Bourses des pays émergents où les croissances à deux chiffres sont légion...
Sans aller si loin et en restant en France, en prenant en compte un autre indice, le « Mid & Small 190 » qui regroupe 190 valeurs moyennes de la cote hexagonale (au sein duquel se trouvent 15 % de sociétés d'origine rhônalpine), le paysage est toute autre. Cet indice des valeurs moyennes aura bondi cette année de près de 17 %. Rien à voir !
Parmi les vingt-huit valeurs de la région Rhône-Alpes qui le compose, treize sont à la baisse pour quinze à la hausse.
En encore ces baisses n'ont rien d'affolant. Elles peuvent concerner d'anciennes stars de la cote qui ont souffert cette année pour des raisons diverses, à l'instar d'April (- 14,50 %), de BioMérieux (- 7,30 %) ou du Grenoblois Soitec, n°1 mondial du silicium sur isolant (- 18,70 %). D'autres valeurs continuent à peiner : c'est le cas du casinotier Partouche (- 30,48 %) ou de l'Olympique Lyonnais qui, après des résultats financiers décevants vient de clôturer une émission d'obligations (Oceanes) de 24 millions d'euros : il cède encore cette année 25,32 %, bien loin de son cours d'introduction.
Mais, en face, certaines hausses s'avèrent vraiment spectaculaires ; et ce, dans tous les domaines d'activités. Ainsi l'équipementier automobile Plastic Omnium, recordman régional qui a su très bien rebondir face à la crise, s'envole de 164 % ! Seb, le spécialiste lyonnais du petit électroménager qui a pris pied en Chine affiche, lui, un joli + 94 % en fin d'année. Les valeurs informatiques ont aussi très bien performé, qu'il s'agisse de Cegid (+ 44 %), de Sopra (+ 16 %) ou de Metrologic (+ 50 %).
Enfin, des valeurs de retournement comme Haulotte, le fabriquant de nacelles élévatrices pour les chantiers du BTP ou les aéroports (+ 77 %), le transporteurs Dentressangle (+ 70 %) ou Belvédère, le producteur de vodkas qui a connu de sérieuses difficultés (+ 76 %) ont affiché des scores plutôt impressionnants. Même le Dauphinois Vicat, le 3ème producteur français de ciment réussit à afficher une hausse (3,70 %).
Comment expliquer cette dichotomie entre le CAC qui rassemble des multinationales présentes dans les pays émergents à fort potentiel et les PME régionales ?
Il faut d'abord souligner que cette année ne constitue pas une exception. Au cours de la décennie, les PME ont affiché de meilleurs résultats boursiers que leurs grandes sœurs, et ce à huit reprises.
En outre, le panier des valeurs moyennes est composé pour une bonne part de valeurs cycliques qui sont vite reparties après la crise. Significatif : les plus fortes hausses ont été le fait de société liées à l'automobile.
Enfin et surtout, les petites et moyennes valeurs affichent des perpectives bénéficiaires bien meilleures. L'ensemble des sociétés de Mid & Small 190 devrait cette année enregistrer une hausse moyenne de 26 % de leur bénéfice par action, contre 18 % pour celles du CAC 40.
Mieux : d'après les analystes, la performance devrait perdurer en 2011. Aucun doute, en Bourse du moins, small is beautiful !


