CGPME LOIRE
La Chambre de Commerce et d'Industrie Rhône-Alpes peut-elle encore basculer ?
Dominique Largeron
Si l'arrivée à la tête de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Lyon d'un président issu de la CGPME a constitué une demi-surprise, après des élections d'une forte intensité, l'arrivée d'un président issu du même syndicat patronal à la Chambre régionale constituerait, cette fois, une vraie surprise.
Lors des élections très médiatisées à la CCI de Lyon, les sondages illustraient la volonté des électeurs de privilégier la CGPME au détriment du Medef pour prendre la tête de l'organisme consulaire. Des sondages qui ont vu juste. Après des élections au ton parfois vif, la liste menée à la fois par François Turcas et Philippe Grillot l'a emporté, rappelons-le avec près de 60 % des suffrages portés par 19,7 % seulement des ressortissants de la CCI de Lyon.
La problématique de l'élection du prochain président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de la région Rhône-Alpes qui se déroulera vendredi 21 janvier à 14 heures, est très différente. Les électeurs de la CCI de Région sont désignés par chacune des onze Chambres que compte Rhône-Alpes. Les dernières élections vont donc jouer dans ce scrutin un rôle évident. Ainsi, la CCI de Lyon va-t-elle n'envoyer que des électeurs favorables à André Mounier, le candidat de la CGPME à la Chambre régionale. Le plus gros contingent de toutes les CCI, mais ce ne sera pas suffisant.
Sur le papier, l'élection ne fait aucun doute : Jean-Paul Mauduy, actuel président de la Chambre régionale issu du Medef devrait être réélu, avec près de dix voix d'avance.
Or, celui qui l'emportera pèsera lourd dans le monde consulaire rhônalpin : suite à la réforme des Chambres de commerce, c'est désormais là que l'argent sera collecté et que se situera réellement le pouvoir.
Mais de l'avis de beaucoup d'observateurs, même si ce n'est pas l'hypothèse la plus probable, il n'est pas totalement exclu que ce soit André Mounier, l'actuel président de la CCI de Saint-Etienne qui puisse in fine l'emporter de quelques voix.
Ces observateurs font valoir un certain nombre d'arguments. Tous les élus des CCI de la région ne sont d'abord pas strictement affiliés à l'un ou l'autre des deux syndicats patronaux. Sous la dynamique de l'arrivée de la CGPME à la tête de la CCI de Lyon, certains peuvent basculer en faveur du syndicat présidé par François Turcas.
La campagne électorale a aussi pu laisser des séquelles. Plutôt que de se retirer sur son Aventin pendant la campagne électorale et jouer les observateurs lointains, Jean-Paul Mauduy s'est fortement impliqué dans la bagarre CGPME/Medef, y compris dans la Loire où contre son souhait, une liste unique rassemblant les deux syndicats a été présentée in fine.
André Mounier, candidat de la CGPME peut aussi rallier les suffrages de ceux qui au moment de la discussion sur la réforme des CCI souhaitaient le maintien d'un maximum de compétences au sein des différentes CCI, un thème pour lequel il avait fait campagne ; au contraire de Jean-Paul Mauduy qui, lui, était favorable à une régionalisation optimale.
Ainsi, même quelques élus consulaires issus du Medef pourraient basculer dans le secret de l'isoloir. Tel est du moins l'espoir que l'on caresse du côté de la CGPME. Une certitude : la centaine d'électeurs concernés est actuellement très cajolée...
- Figure dans les rubriques
- L'édito de la semaine
- Chambres économiques, CCI
- CGPME LOIRE
- CGPME RHONE


