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Non, Monsieur Sarkozy, le textile n'est pas mort...

Dominique Largeron

A une question posée par un industriel de la région Rhône-Alpes, lors d'une émission politique sur TF1, Nicolas Sarkozy a assuré que « le textile, c'est une industrie sinistrée ! » Une phrase aussitôt taclée par le syndicat professionnel qui démontre la vitalité d'un secteur vu comme moribond et en déshérence, alors que ce n'est pas le cas, bien au contraire. Il montre même le chemin qu'un « Etat stratége » pourrait emprunter...

Non, Monsieur Sarkozy, le textile n'est pas mort...

Interrogé par le patron de l'entreprise textile Avona, spécialisée dans le prêt-à-porter féminin et basée à Gleizé dans le Rhône, lors de l'émission politique « Paroles de candidats », Nicolas Sarkozy a lancé : « Le textile, c'est une industrie sinistrée ! »

Ce qui, dès le lendemain, a amené le syndicat régional des industries textiles, « Unitex », à répliquer dans un communiqué : «  Oui Monsieur Sarkozy, sinistré mais résolument tourné vers l’avenir ! »

Les industriels du textile ont eu raison de répliquer ainsi car à y regarder de plus près, il n'existe pas d'industrie véritablement sinistrée. Il existe des industries qui ont su évoluer et s'adapter...et les autres

La preuve est donnée par l'industrie textile rhônalpine qui est loin d'avoir disparu du territoire, contrairement à une image erronée. Avec ses 690 entreprises, représentant près du quart des entreprises françaises, ses 15 500 emplois directs, ses 3 milliards d'euros de chiffre d’affaires, elle est loin d'être moribonde.

Pour preuve : en 2010, le textile a connu une croissance de son chiffre d'affaires de 6 %. Peu de secteurs peuvent en dire autant.

Pour les industriels rhônalpins du textile, cette affirmation de Nicolas Sarkozy « témoigne d’une connaissance incomplète du secteur ! »

ils ont là encore parfaitement raison, même si c'est vrai, que seuls 5 % du prêt-à-porter vendu en France est fabriqué en France. Mais 20% des vêtements vendus en France sont aussi constitués de textiles et de composants provenant de l’industrie française.

Il est vrai encore que les entreprises françaises qui fabriquent des produits de prêt-à-porter moyen et haut de gamme français sont confrontées à des difficultés qui résultent notamment d’une concurrence internationale inéquitable assise sur une disproportion de salaires intenable.

En revanche, on l'a vu en Rhône-Alpes avec la multiplication des ateliers pour Hermès du groupe LVMH, les entreprises françaises-filiales et sous-traitantes- positionnées sur les marchés du luxe, connaissent depuis plusieurs années une croissance étonnante. Elles investissent dans des nouveaux matériels, elles agrandissent leurs usines, elles recrutent.

Face à la crise, les industriels ne sont pas restés les deux pieds dans le même sabot. Ils se sont développés dans d'autres secteurs, plus riches en valeur ajouté. Dans celui, par exemple, du linge de maison, des rideaux et voilages et autres tissus d’ameublement, en croissance. Celle-ci s’explique par une offre créative qui répond aux attentes des clients français et étrangers.

Mais surtout beaucoup d'entreprises textiles rhônalpines se sont tournées vers la fabrication de tissus pour les marchés de l’aéronautique, du médical, des géotextiles ou de la protection. Des textiles techniques qui ont connu une forte croissance de leur activité au cours des dernières années grâce à d'importants investissements en Recherche&Développement.

A partir d'une base, celle du prêt-à-porter féminin, une bonne part des industriels du secteur ont su répondre avec créativité et imagination à la mondialisation. A condition de choisir les bons créneaux, les bonnes niches, tout devient possible.

Ce dont a besoin notre économie c'est en fait d'un « Etat stratége » qui en compagnie des professionnels, effectue de vrais choix stratégiques et accompagne la modernisation et l'évolution de tel ou tel secteur, de telles ou telles niches. La réindustrialisation de notre pays passera par là.

Tel est sans doute le bilan à tirer de cette petite passe d'armes entre Nicolas Sarkozy et les industriels du textile rhônalpin qui permet de rétablir quelques saines vérités...

Le dessin de Chapatte
Publiée le 14 mars 2012 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 26 mars 2012
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