Rhône-Alpes à Shanghai : un bon investissement
Dominique Largeron
Un certain nombre de voix se sont élevées pour déplorer le coût de l'investissement représenté par le pavillon rhônalpin au sein de l'Exposition universelle Shanghai 2010. Seule région française (*) en tant que telle à avoir un pavillon au sein de la partie intitulée « Les Meilleures pratiques urbaines », le pavillon a coûté trois millions d'euros sur les cinq millions de l'investissement, pour la seule construction, les deux autres millions étant payés par la Chine. La Région devra aussi budgéter au moins trois millions supplémentaires pour le fonctionnement durant les six mois de l'Expo.
Mais, il suffit de se rendre sur place pour constater l'utilité de ce pavillon voué en fait au business. Contrairement à de nombreux autres pavillons presque vides sur cette Exposition universelle, il constitue une véritable ruche où travaillent près d'une centaine de personnes.
Seuls le rez-de-chaussée et sa mezzanine sont ouverts au public. Le reste est constitué par un business center rempli en permanence, des bureaux, des salles de conférence. Les délégations se succèdent au fil des semaines sur des thémes à chaque fois différents qui permettront de passer en revue tout le potentiel de l'économie régionale. Ces semaines thématiques ont un premier but : faire prendre conscience aux décideurs rhônalpins reçus sur le site de l'importance de la Chine, 2ème économie du monde et bientôt la première.
Il permet aussi aux entreprises présentes de faire du business, rôle revendiqué, grâce aux nombreux contacts organisés à l'occasion du bouillonnement incessant créé par l'Exposition universelle. Fin octobre, entre 70 millions et 100 millions de personnes auront franchi les barrières de la plus grande Expo universelle jamais réalisée au monde. Parmi elles, un petit pourcentage de décideurs, mais dans la masse, cela représente beaucoup. Les cinq premières semaines pour cette exposition destinée à durer six mois (jusqu'au 31 octobre) sont, comme on le relate ci-contre, prometteuses.
La région Rhône-Alpes qui n'exporte pour l'heure que 1,1 milliard d'euros vers la Chine, soit 2,7 % de son commerce extérieur ( 8 % pour les importations, soit 2,7 milliards d'euros), ne peut ignorer une économie de ce poids. Qui plus est, à l'heure où l'Empire du Milieu commence à privilégier son marché intérieur, en donnant un supplément de pouvoir d'achat à sa population. Ce qui ne pourra qu'accroître les possibilités d'exportation. Vu son importance grandissante, il est anormal que la Chine ne soit que le 9ème client de la région.
Seules 140 entreprises régionales possèdent une ou plusieurs filiales en Chine dont les deux tiers à Shanghai, ce qui est très peu. Les PME, voire même les TPE comme on peut le lire ci-contre peuvent, en étant bien accompagnées, développer des affaires dans ce pays.
Le pavillon rhônalpin constitue également pour la région l'occasion inespérée de bénéficier à Shanghai d'une sorte d'ambassade économique. Le pavillon qui est géographiquement bien situé dans la mégapole shanghaïenne restera pérenne, ce qui sera loin d'être le cas pour la majorité des pavillons de l'Expo.
Il constitue enfin l'occasion de tirer les fruits d'un investissement de longue date. C'est Charles Béraudier, le tout premier président de la région qui a initié le jumelage de Rhône-Alpes avec Shanghai. Depuis, les relations n'ont cessé de se densifier. Il aurait été mal venu pour Rhône-Alpes dotée d'une forte densité d'entreprises écotechs très prisées dans l'Empire de Milieu de ne pas répondre à l'appel du pied des organisateurs de l'Expo.
Certes, il ne faut pas faire d'angélisme et se dissimuler les chausse-trappes réels (dont les risques de contrefaçon) que toute présence en Chine peut induire. C'est la raison pour laquelle, il faut que les entreprises nouvelles sur ce marché bénéficient des recommandations de ses devancières et soient bien accompagnées. Le message de ce pavillon a aussi cette signification : on n'est jamais meilleur que lorsque l'on joue collectif.
(*) C'est un pool d'éco-entreprises qui a lancé le pavillon Alsace financé en fait à 100 % par la Chine, alors qu'annoncé à grands renforts de communication, l'Ile de France n'est présente que sous la forme d'un simple stand.
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