Rhône-Alpes n'est pas le meilleur élève en matière d'énergies renouvelables

Dominique LargeronRhône-Alpes n'est pas le meilleur élève en matière d'énergies renouvelables

Quelle est la part des énergies renouvelables à ce jour en Rhône-Alpes ? A regarder de près les chiffres, c'est plutôt la déception. Entre les volontés affichées et les résultats sur le terrain, on ne peut que constater un fossé.

Selon les chiffres récemment rendus publics par Jean-François Carenco, préfet de Région, Rhône-Alpes produit 15,5 % d'énergies renouvelables, contre une moyenne nationale de 14 %.

Et encore, lorsque l'on regarde de plus près les chiffres, on constate que les trois quarts de celles-ci proviennent de l'énergie hydraulique issue des barrages rhodaniens ou alpins qui, on le sait, ne participent pas d'un effort récent en la matière, mais plutôt de l'après-guerre.

Après l'hydraulique, ce n'est ni l'éolien, ni le photovoltaïque qui prédominent comme on pourrait s 'y attendre, mais l'exploitation de la biomasse. Il est vrai que Rhône-Alpes dont 38 % de son territoire est couvert de forêts, soit 1,6 million d'hectares, a su exploiter ce gisement.

Mais il reste bien du chemin à parcourir dans le solaire photovoltaïque qui rassemble 23 000 installations pour une superficie de 810 000 m2. Les récentes suppressions d'emplois annoncées chez Photowatt à Bourgoin et la vente annoncée du site par son propriétaire, le Canadien ATS, illustrent les difficultés du secteur.

Que dire également de l'éolien qui lui est carérment en panne depuis 2008, avec seulement 50 éoliennes pour 150 MGW (mégawatts).

Le biogaz en est aussi à ses balbutiements avec douze sites seulement produisant 1,5 % des énergies renouvelables régionales. Seule la co-génération (qui consiste à produire en même temps de la chaleur et de l'électricité) tire son épingle du jeu, avec 73 installations représentant près de 10 % de la production nationale.

Au total, pas de quoi pavoiser. Et on se dit que l'engagement européen des 23 % d'énergies renouvelables à l'horizon 2020, n'est pas joué d'avance. Le schéma régional climat, air énergie né du Grenelle de l'Environnement qui est en train d'être élaboré par la préfecture de Région devra assurément être volontariste !

Seule consolation : au même moment où ces statistiques étaient rendues publiques, l'on apprenait qu'INDEED (Institut d'excellence d'énergie décarbonée), défendu par des entreprises rhônalpines et les collectivités dans le cadre du Grand Emprunt, était l'un des deux seuls projets de ce type à être labellisés en France par le gouvernement. Nous l'avons évoqué dans ces colonnes. Installé dans la vallée lyonnaise de chimie, il visera, outre l'élaboration d'une chimie verte, à développer un programme de recherche sur les procédés destinés aux bioénergies (utilisation des matériaux et des énergies renouvelables).

Le gouvernement n'a pas encore précisé le montant accordé aux premiers projets labellisés, mais on sait que, doté de 1 milliard d'euros au total, l'ensemble de l'appel  devrait valider une vingtaine de projets sur les énergies décarbonnées.

Si l'on ajoute à cette nouvelle structure, Tenerrdis, le pôle de compétitivité dédié aux énergies propres (Pôle de compétitivité Technologies Énergies Nouvelles Énergies Renouvelables Rhône-Alpes, Drôme, Isère, Savoie) et INES (l'Institut National de l'Energie solaire), basé à Annecy, on ne peut pourtant pas dire que l'on manque de synergies et de structures pour développer en Rhône-Alpes ces sacrées énergies renouvelables. Mais apparemment, ce qui manque le plus, une fois les projets de recherche effectués, ce sont les investissements sur le terrain qui, pour porter leurs fruits, doivent être très importants, comme le soulignent tous les économistes.

Pendant ce temps là, l'Allemagne qui s'est réveillé beaucoup plus tôt que nous et a investi en masse, a déjà constitué une véritable industrie tournée autour de ces énergies renouvelables qui font déjà travailler 370 000 personnes (500 000 en 2020). A cette aune, le plan de sortie du nucléaire annoncé il y a peu par Angela Merkel, prend une autre dimension. Une erreur ? Non, plus sûrement, une opportunité...

Publié le  10 juin 2011 par Dominique Largeron. Dernière mise à jour le  14 juin 2011 
Figure dans les rubriques 
L'édito de la semaine
Energies renouvelables, propres
Economie Rhône Alpes