Vers une éco-économie...

Dominique LargeronVers une éco-économie...

Par principe, on s'en méfie, mais les prévisions des économistes sur le marché de l'environnement font rêver.

Une étude publiée par l'Organisation Internationale du Travail sur les « emplois verts », assure que le marché mondial des produits et services liés à l'environnement devrait doubler d'ici à 2020. Il passerait de 1 370 milliards de dollars à l'échelon de la planète actuellement, à 2 470 milliards dont une forte augmentation des marchés de l'énergie, un domaine encore insuffisamment développé en Rhône-Alpes.

A la clef dans le monde, la création de millions d'emplois : 20 millions d'ici à 2030 dont 2 millions dans l'éolien et 6,3 millions dans le solaire.

La politique forte d'amélioration de l'efficacité énergétique pourrait créer entre 2 et 3,5 millions d'emplois verts, en Europe et aux Etats-Unis. A cet égard, le Grenelle de l'Environnement devrait avoir des retombées sensibles : Le Centre d'Analyse Stratégique (CAS, rattaché aux servies du Premier ministre) pronostique la création 968 000 emplois nouveaux en France d'ici 2015 dont-surprise- 149 000 dans le secteur du BTP.

La raison ? Le BTP cumule plusieurs "avantages compétitifs" explique le CAS. En vrac : résistance plus grande à la crise, proximité de la demande finale, besoin fort de main d'œuvre en cas de redémarrage. Bref, la construction, suite aux mesures énergétiques issues du Grenelle de l'Environnement, devrait être une des grandes gagnantes du verdissement de l'économie. Avec l'avantage de tirer à sa suite un certain nombre de services : centres de R&D, design, ingénierie, architecture, marketing et publicité...

Bref, tout laisse à penser que l'Environnement va de plus en plus impacter l'économie. Nous nous dirigeons de manière pas toujours politiquement claire, mais avec certitude, vers une éco-économie.

Il ne faudrait cependant pas, au nom d'une politique à courte vue, que les acquis du Grenelle de l'Environnement soient peu à peu grignotés.

Le dernier épisode en date concernant l'industrie du solaire constitue à cet égard l'exemple à ne pas suivre. Il s'agit d'une filière sur laquelle Rhône-Alpes a beaucoup misé. Elle pourrait aussi beaucoup perdre. Les dernières mesures concernant la filière photovoltaïque en date, décidées par le gouvernement ressemblent fort à une volt(e)-face : baisse des tarifs de rachat du courant produit par les panneaux solaires, suivie peu après d'une baisse du crédit d'impôt sur le photovoltaïque. Ces mesures pourraient constituer un sérieux frein au développement d'une filière qui en Rhône-Alpes commençait seulement à trouver sa dynamique.

Pourtant la Région a tous les atouts pour s'inscrire dans la future éco-économie qui se dessine. Cela se sait peu, mais la France se situe au quatrième rang mondial dans le domaine des exportations de produits et de services issus des éco-entreprises. Et dans ce cadre, Rhône-Alpes fait plutôt bonne figure. Pour preuve, Ademe International qui rassemble et accompagne quatre-vingt-cinq éco-entreprises françaises très actives à l'export, compte dans ses rangs pas moins de quinze sociétés rhônalpines. Des fers de lance verts qu'il conviendrait de chouchouter plutôt que d'entraver.

Publiée le 28 nov. 2010 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 29 nov. 2010
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