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Testé en juin à Lyon-Confluence : le mini-bus autonome Navya, sur la bonne voie

Dominique Largeron

Navya, la société qu'a reprise il y a un et demi Christophe Sapet, ancien d'Infogrames, semble bien partie. Cette entreprise basée à Villeurbanne qui a conçu et assemble des mini-bus totalement autonomes, donc sans chauffeur, a démarré sa chaîne de fabrication et prévoit plusieurs expérimentations en sites propres. Elle pourrait vendre dès cette année de 50 à 60 minibus 100 % autonomes.

Testé en juin à Lyon-Confluence : le mini-bus autonome Navya, sur la bonne voieChristophe Sapet devant un mini-bus électrique Navya, 100 % autonome.

Il faut bien le reconnaître, après les échecs successifs de la SITL, puis de la C-Zen de Courb, Lyon a carrément raté la révolution de la voiture électrique. Mais elle pourrait bien réussir en revanche, l'étape suivante, celle du mini-bus électrique totalement autonome, donc sans chauffeur !

 La première raison à cela : si beaucoup d'entreprises dans le monde se sont intéressé aux voitures électriques autonomes, à commencer par Google et de nombreux constructeurs, peu se sont lancé dans les mini-bus.

 Au niveau mondial, on ne recense que deux sociétés, toutes deux françaises. Et parmi celles-ci figure une société qui a son siège à Villeurbanne : Navya.

 Ancien d'Infogrames, puis d'Infonie

 Cette entreprise a été créée par un sérial entrepreneur lyonnais, Christophe Sapet qui a été, avec Bruno Bonnell à l'origine de la société de jeux-vidéo, Infogrames, mais aussi d'Infonie, un fournisseur d'accès à Internet (1995).

 Il avait ensuite décidé de se mettre au vert. Mais la fibre entrepreneuriale a été la plus forte : il y a un an et demi, il reprend une société qui connaissait des difficultés dont le projet était justement constitué par un mini-bus autonome et qu'il rebaptise Navya. « Ayant toujours travaillé dans des secteurs innovants, j'ai été emballé par ce challenge », reconnaît-il.

 Une vraie pépite car dans ses cartons figurent près de dix années de Recherche&Développement dans ce domaine, ce qui donne à l'entreprise un vrai avantage concurrentiel.

 « De plus, même si la voiture électrique a constitué un échec à Lyon, on trouve en revanche dans la Métropole une très forte concentration de compétences dans ce domaine. », précise-t-il.

 Déjà cinquante salariés

 Navya compte déjà 50 salariés, dispersés entre Paris et Villeurbanne où se trouve le siège.

 Six salariés de Navya assemblent déjà des mini-bus électriques dans l'unité de fabrication d'un des sous-traitants des mini-bus : pour commencer. Elle en produit cinq à six, par mois. La carrosserie est fabriquée à Villefranche, le châssis à Brignais.

 « Nous visons la fabrication cette année de cinquante à soixante bus », lance Christophe Sapet.

 Ce qui motive son optimisme, ce sont les carnets de commande qui se remplissent, mais surtout, les expérimentations en conditions réelles d'utilisation qui vont se multiplier. A la demande de CarPostal, deux mini-bus vont prochainement être utilisés dans le centre-ville de Sion, en Suisse.

 Une autre test d'ampleur concernera un grand site industriel qui accueillera une flotte de cinq à six mini-bus qui transporteront toute la journée des salariés.

A Lyon-Confluence en juin, sur 1,5 km

 Enfin, plus près de nous, sur le site de Lyon-Confluence, Navya effectuera au mois de juin avec deux mini-bus des navettes de 1,5 km qui permettront de se rendre notamment de l'immeuble GL Events au centre commercial, voire peut-être même à terme au musée des Confluences. Les discussions sont en cours. Une expérimentation qui devrait faire beaucoup de bruit médiatique.

 Pour Christophe Sapet, « Le concept qui peut s'adapter partout, est surtout conçu pour assurer un flux régulier de navettes sur de grands sites privés, comme des ensembles industriels ou des aéroports pour relier par exemple des Terminaux aux différents parkings. »

 Le prix d'un mini-bus autonome, doté d'une batterie lithium-ion et d'une pléiade de radars et de capteurs selon les équipements : de 170 000 à 200 000 euros. La capacité de la batterie, de 6 heures permet, avec les arrêts, une utilisation réelle de 12 heures. Et encore, précise Christophe Sapet, « ce n'est même pas le problème puisqu'à chaque arrêt, on peut, en plus, si nécessaire, recharger la batterie par un simple système d'induction. »

 Le marché sur lequel évolue Navya est estimé à 515 milliards de dollars d'ici 2035. Si Christophe Sapet s'en emparait d'une partie même minime, il aurait remporté son pari.

 Prochainement, une nouvelle levée de fonds

Pour mener à bien ses développements, il a déjà levé près de 5 millions d'euros auprès d'investisseurs. Et s'apprête à lever à nouveau « une somme nettement plus importante pour mener à bien la commercialisation dans le monde entier. Nous pensions passer par des revendeurs : il apparaît finalement plus efficace que nous prenions nous-même en charge l'aspect commercial. »

 L'avantage pour le client : comme évidemment les mini-bus fonctionnent sans chauffeur, le coût d'une ligne de transport équipée d'une flotte de véhicules 100 % autonomes est estimé de 30 à 40 % moins cher qu'une ligne classique. Un argument de poids, même si le concept n'apparaît, il est vrai, pas très bon pour l'emploi en aval, s'il l'est assurément en amont...

Publiée le 10 févr. 2016 par LARGERON Dominique.
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