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Un plan régional présenté prochainement : y a-t-il une réelle dynamique robotique en Rhône-Alpes ?

Dominique Largeron

Le salon Innorobo qui s'est terminé le 20 mars sur un nouveau succès d'affluence au palais des congrès de la Cité internationale à Lyon a permis une nouvelle fois d'injecter une grosse dose de robotique dans les médias, en fléchant Lyon. Un paradoxe, car accueillant pour la première fois de manière importante la robotique industrielle, ce salon était sans doute le moins spectaculaire de tous. Il a néanmoins mis en scène la volonté d'une vraie dynamique régionale en la matière : simple affichage politique ou réalité ? Etat des lieux, avant la présentation prochaine d'un plan régional robotique.

Un plan régional présenté prochainement : y a-t-il une réelle dynamique robotique en Rhône-Alpes ?Les deux visages de la robotique : l'industrielle avec Stäubli et celle de services, avec Aldebaran, un Français figurant parmi les leaders mondiaux des humanoïdes : ici avec Romeo, son dernier né.

 Non, Bruno Bonnell, le président de Robopolis et de Syrobo, le « Monsieur Robotique » du ministère du Redressement industriel, etc., n'a pas préché en vain en faveur de la robotique.

Il lui a suffit de quatre ans, depuis la première édition du salon de la robotique, Innorobo, en 2011, pour créer un véritable engouement dans les médias envers les différents humanoïdes, ces robots à forme humaine, qui parsément et animent chaque année ce salon.

 La robomania n'a jamais été aussi importante dans les médias que cette année. Un paradoxe car ce salon qui au départ avait pris la roue exclusive de la robotique dite de service, celle destinée à accompagner les particuliers ou les professionnels dans la vie de tous les jours (robots aspirateur, robots nettoyeurs, robots joueurs, robots aides ménagères, etc.), a pris cette année un véritable virage.

 Un virage vers la robotique industrielle

 Outre la robotique de services et ses spectaculaires humanoïdes, ce salon s'est tourné pour la première fois vers le plus important marché du secteur : celui de la robotique industrielle.

 Ce faisant, Innorobo qui était déjà le plus important salon du genre en Europe, conforte son avance. Et surtout, il donne un coup de pouce salutaire à l'industrie naissante de la robotique dans la région Rhône-Alpes.

 Dissocier la robotique de service, un marché naissant avec la robotique industrielle, de loin, celle qui représente au niveau mondial le plus important chiffre d'affaires n'avait aucun intérêt économique.

Il n'existe pas ou très peu d'entreprises exclusivement robotiques. La robotique est transverse : elle consiste à rassembler au sein d'une même machine ou d'un robot humanoïde des briques émanant de provenances très différentes : des logiciels embarqués et des algorithmes pour l'intelligence artificielle, de la mécanique, de la plasturgie, de l'électronique, des capteurs en pagaille pour la température, le mouvement, l'image, etc.

La question est de savoir si la région Rhône-Alpes rassemble en son sein toutes ces briques ?

Une étude de l'Ardi (Agence régionale du développement et de l'innovation) permet de répondre par l'affirmative. Non seulement la région rassemble suffisamment d'entreprises capables de produire toutes ces briques robotiques, mais de surcroît, celles-ci sont accompagnées par autant de clusters et pôles de compétitivité (Imaginove, Plastipolis, Viameca, Minalogic, Arve Industrie, etc.)

Au total, l'Ardi et son responsable robotique, François Payot, ont identifié 300 entreprises régionales «  en mécanique, électronique et capteurs, matériaux intelligents, logiciels et informatique embarquée qui pourraient être valorisées sur le marché de la robotique » et qui proposent donc de telles briques.

28 000 emplois pour 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires

Elles représentent 28 000 emplois et près de 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires. « Mais qu'on s'entende bien : cela ne signifie pas que la robotique pèse autant dans la région, mais qu'il existe déjà beaucoup d'entreprises qui touchent peu ou prou à la robotique », précise François Payot.

Cela signifie donc que le terreau est bel et bien là et que ces 300 entreprises, si elles savent saisir cette opportunité pourraient bénéficier grâce à la robotique d'un solide relais de croissance. « Tous les champs relatifs à l'activité robot sont couverts en Rhône-Alpes », insiste le Monsieur Robotique de l'Ardi.

Comme Arnaud Montebourg au niveau national, la récente Stratégie Régionale d'Innovation (SRI) a inscrit la robotique parmi ses priorités, comme un des sept domaines affichés de « spécialisation intelligente ».

Déjà chacun des clusters ou pôle de compétitivité s'est positionné sur sa stratégie robotique, à l'instar par exemple de Lyon Urban Trucks and Bus (LUTB) qui a tracé sa route vers les véhicules intelligents et autonomes.

Un plan d'action régional présenté au 2ème trimestre 2014

Un certain nombre d'entreprises montrent déjà la voie, à l'instar du Groupe Stäubli qui à Faverges en Haute-Savoie construit des petits robots industriels, mais aussi des gros porteurs six axes capables de manipuler des charges supérieures à 250 kilos !

Il y a de la place aussi pour les PME. Ainsi la société RSP Ingénierie de Saint-Martin-du-Mont dans l'Ain (vingt-deux salariés dont onze à la R&D !), améliore, grâce à ses solutions robotiques les postes de travail et les lignes de production dans les PME.

Au cours du 2ème trimestre de cette année, la région Rhône-Alpes, en s'appuyant notamment sur l'Ardi déploiera un plan d'action régional pour développer ce secteur prometteur. Pour que des centaines de Stäulbli ou autres RSP Ingénierie voient le jour...

Publiée le 22 mars 2014 par LARGERON Dominique.
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