Un salarié français sur cinq falsifie régulièrement ses notes de frais
La fraude aux notes de frais reste une réalité bien ancrée dans les entreprises françaises. Selon une étude réalisée pour la plateforme Perk auprès de 1 000 salariés, 22 % des collaborateurs reconnaissent falsifier régulièrement certaines dépenses professionnelles. Un phénomène qui représenterait en moyenne 250 euros de frais indûment remboursés par salarié concerné chaque année, dans un contexte où l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles possibilités de fraude documentaire.
Les processus manuels favorisent les dérives
L’étude met en lumière un lien direct entre les méthodes de gestion des notes de frais et le niveau de fraude observé. Plus d’un tiers des salariés français transmettent encore leurs dépenses via des processus manuels, par email ou tableur. Parmi eux, près d’un sur trois admet soumettre régulièrement des dépenses inexactes ou gonflées.
À l’inverse, les entreprises équipées de solutions dédiées semblent mieux maîtriser le phénomène, même si les dérives ne disparaissent pas totalement. Les repas personnels, les frais d’hébergement, les indemnités kilométriques et certaines dépenses de représentation figurent parmi les postes les plus fréquemment concernés.
Plus largement, 62 % des salariés interrogés reconnaissent avoir déjà modifié ou inventé une note de frais au moins une fois au cours de leur carrière, tandis que 85 % affirment connaître un collègue ayant déjà eu recours à cette pratique.
L’IA crée de nouveaux risques pour les directions financières
L’émergence des outils d’intelligence artificielle ajoute une dimension supplémentaire au sujet. Selon l’étude, 7 % des salariés français déclarent utiliser régulièrement l’IA pour générer de fausses factures ou justificatifs. Une évolution qui complique la tâche des directions financières, déjà confrontées à des volumes croissants de dépenses à contrôler.
La France apparaît d’ailleurs parmi les pays les plus exposés au phénomène en Europe, avec un taux de fraude déclaré supérieur à celui du Royaume-Uni et proche de celui observé en Allemagne. Pour les entreprises, l’enjeu dépasse largement les quelques centaines d’euros perdus par dossier : il interroge la fiabilité des contrôles internes à l’heure où les faux documents deviennent de plus en plus faciles à produire.
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