Dernière mise à jour le 30/10/2007
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Le Medef entre dans la danse pour défendre la nuit lyonnaise

Dominique Largeron

La nuit lyonnaise est-elle en danger ? C'est ce que pensent ses professionnels, relayés à la fois par l'Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), mais aussi le Medef qui met tout son poids dans la balance pour amener le préfet à ne pas décider d'avancer les heures d'ouverture des bars et restaurants à ambiance musicale à Lyon. Derrière cette implication qui peut paraître surprenante : la défense de l'emploi et du tourisme d'affaires qui ne peut se développer selon Bernard Fontanel, président du Medef Lyon-Rhône, sans une nuit lyonnaise vivante et attractive.

Le Medef  entre dans la danse pour défendre la nuit lyonnaise

« La vie nocture constitue un élément de la vie sociale lyonnaise. Elle donne du dynamisme à la ville. Mais ce que je veux défendre d'abord : c'est l'emploi, mais aussi l'attractivité de la ville car une nuit vivante à Lyon est un des éléments du développement du tourisme d'affaires ! »

Retrouver Bernard Fontanel, le président du très sérieux Medef, au milieu des acteurs du monde de la nuit lyonnaise peut paraître de prime abord surprenant. Reste que le syndicat patronal monte au créneau depuis plusieurs semaines pour défendre l'avenir de la nuit lyonnaise au côté d'une de ses fédérations qui pèse lourd avec un millier d'adhérents : l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie.

Mais pour bien comprendre ce qui se trame actuellement dans les discothéques et les bars et restaurants à ambiance musicale de nuit, très tendances, un flash back s'avère nécessaire.

Le problème ne concerne d'abord pas les discothéques au nombre de quatorze dans l'agglomération lyonnaise. Roselyne Bachelot, ministre de la santé a fait voter une loi amenant leur fermeture à 7 heures du matin sur tout le territoire national. Le système de dérogation préfectorale pour l'heure de fermeture qui prévalait auparavant a été abrogé.

En revanche, ce système de dérogation, source d'incertitudes selon les professionnels, perdure pour la partie la plus en vogue actuellement de la vie nocturne : les bars et les restaurants à ambiance musicale, plébiscités notamment par les jeunes. Près de deux cents entreprises seraient concernées.

Un syndicat minoritaire a fait appel auprès de l'administration pour faire baisser l'heure de leur fermeture, de 4 h à 3 heures. Il a dans un premier temps eu gain de cause. Mais, après avoir rencontré toutes les parties, c'est le préfet du Rhône, Jean-Fançois Carenco qui devra, d'ici quinze jours, prendre l'ultime décision : soit revenir au satut-quo antérieur, soit confirmer la décision du tribunal administratif.

Autre paramètre à prendre en compte. L'époque où le Milieu faisait la loi dans le business de la nuit est révolue. De l'avis de la police comme des élus ou des professionnels de la restauration et de l'hôtellerie, la situation est assainie. « Ce sont de vrais professionnels comme les autres qui gèrent les discothèques, comme les bars et restaurants à ambiance », assure Laurent Duc, le président de l'Umih.

Enfin, face au danger, ces professionnels se sont rassemblés sur une base commune pour agir et bénéficier d'une meilleure visibilité vis à vis de la préfecture, de la police, comme des élus. Le collectif qui les réunit et qui a lancé la pétition « Sauvez la nuit » rassemble ainsi prés de 90 % d'entre eux.

« Si cet arrêté est confirmé, près de deux cents entreprises risquent de perdre de 10 à 20 % de leur chiffre d'affaires, ce qui peut menacer 200 à 400 emplois », assure Bernard Fontanel, le président du Medef Lyon-Rhône.

Et ce, pour une petite heure de différence en matière de fermeture ? En fait, les responsables de bars et restaurants à ambiance musicale expliquent qu'ils ont obtenu une demi-heure de battement ou « demi-heure blanche » pour que leurs clients quittent leurs établissements. Cela prend bien évidemment du temps de voir ses occupants vider un bar ou un restaurant bondé. Les propriétaires doivent donc annoncer la fermeture à 2 h 30, les portes fermant irrévocablement à 3 heures, ce qui, selon eux, est vraiment trop tôt.

« La fermeture des bars et restaurants à ambiance musicale à 2 h 30 si elle est décidée va mettre dans la rue une masse importante de clients, entraînant une probable multiplication des plaintes de riverains pour bruit et tapage nocturnes. Pire encore : ne va-t-on pas reprocher ensuite aux professionnels, l'accumulation d'incidents commis par toutes ces personnes sur la voie publique », s'inquiéte Laurent Duc, le président de l'Umih.

Pour lui, le système qui prévaut actuellement est le meilleur car il permet à la clientèle de partir d'elle-même au fur et à mesure que la nuit avance, avec le minimum de nuisances.

On peut imaginer qu'avec ces alliés de poids, auxquels il faut ajouter le syndicat synhorcat (*) et la municipalité de Lyon, favorable au statu quo à 4 heures, les professionnels de la nuit obtiendront gain de cause. Sinon, ils ne cachent pas qu'ils envisagent d'autres actions. Festives ?

(*) Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs, 200 adhérents dans le Rhône.

Illustration-Le logo du collectif : « Sauvez la nuit » dont le siège est basé à la CCI de Lyon et auquel ont adhéré près de 90 % des bars et restaurants à ambiance musicale lyonnais.

Publiée le 05 mars 2012 par Dominique Largeron. Mis à jour le 05 mars 2012 



  
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