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Coupe du monde 2026 : 9 milliards de dollars attendus, mais des retombées limitées pour les économies hôtes

La Coupe du monde de football 2026 s’annonce comme la plus grande jamais organisée avec 48 équipes, 104 matchs et trois pays hôtes. Pourtant, selon une étude d’Allianz Trade, l’événement générera surtout un choc de consommation à court terme plutôt qu’un véritable moteur de croissance économique. Les principaux bénéficiaires devraient être les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie et du transport aérien.

Une Coupe du monde hors normes à l’échelle continentale

Pour la première fois, une Coupe du monde se déroulera simultanément aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Le tournoi devrait attirer environ 6,5 millions de spectateurs, dont 2,6 millions de visiteurs internationaux, sur une période de six semaines entre juin et juillet 2026.

Selon Allianz Trade, les dépenses liées à l’événement devraient générer près de 9 milliards de dollars de PIB additionnel en Amérique du Nord. Les recettes touristiques représenteront l’essentiel de cet impact, avec environ 8 milliards de dollars de dépenses consacrées à l’hébergement, la restauration, les transports et les loisirs.

La FIFA prévoit de son côté un record de recettes commerciales sur le cycle 2023-2026, avec 13 milliards de dollars attendus grâce aux droits TV, au sponsoring, à la billetterie et aux activités marketing.

Les hôtels et les compagnies aériennes parmi les principaux gagnants

L’étude identifie clairement les secteurs qui devraient tirer le plus grand profit de la compétition. Les hôtels apparaissent comme les premiers bénéficiaires, avec des taux d’occupation pouvant atteindre 90 à 95 % dans certaines villes hôtes. Les prix des chambres ont déjà progressé de 15 à 20 % dans plusieurs destinations après les tirages au sort du tournoi.

Les compagnies aériennes devraient également profiter de la hausse des déplacements entre les seize villes organisatrices. Allianz Trade estime que le transport aérien pourrait générer près d’un milliard de dollars de revenus supplémentaires pendant la compétition. La capacité aérienne restant relativement contrainte, les transporteurs disposeront d’un fort pouvoir de fixation des prix sur de nombreuses liaisons.

Les secteurs de la restauration, du commerce et du divertissement devraient eux aussi bénéficier de l’afflux de visiteurs, notamment au Mexique où les dépenses associées au football occupent une place importante dans les habitudes de consommation.

Un impact réel mais modeste pour les économies nationales

Malgré ces montants importants, Allianz Trade souligne que les retombées macroéconomiques resteront limitées au regard de la taille des économies concernées. L’événement devrait générer un supplément de PIB de 6,1 milliards de dollars aux États-Unis, 1,7 milliard au Mexique et 1,3 milliard au Canada. Cela représenterait respectivement un gain de 0,1 point, 0,3 point et 0,2 point de croissance trimestrielle.

Les économistes rappellent que les grands événements sportifs produisent souvent des effets de substitution : certains touristes reportent leur voyage tandis que certains habitants modifient leurs habitudes de consommation. Les bénéfices économiques se concentrent donc généralement sur quelques secteurs et territoires plutôt que sur l’ensemble de l’économie.

L’étude met également en avant plusieurs facteurs susceptibles de limiter les retombées, notamment les capacités d’hébergement disponibles, les infrastructures de transport ou encore les contraintes administratives liées aux visas américains pour certaines nationalités.

Au final, la Coupe du monde 2026 apparaît davantage comme une opportunité pour les acteurs du tourisme, de l’hôtellerie, de l’aérien et de l’événementiel que comme un véritable accélérateur de croissance pour les économies nord-américaines. Une conclusion qui rappelle que les grands événements sportifs créent avant tout des gagnants sectoriels plutôt qu’un enrichissement généralisé des territoires qui les accueillent.