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URGO, le CNRS et l’Université Lyon 1 lancent à Lyon un laboratoire pour les plaies chroniques

Le groupe URGO, le CNRS et l’Université Claude Bernard Lyon 1 ont inauguré, ce 1er avril 2026, le laboratoire commun Olympe, présenté comme le premier LabCom français dédié à la prévention, aux soins et à la cicatrisation des plaies. Installé dans l’écosystème lyonnais de la recherche en santé, ce partenariat associe recherche publique et industrie autour d’un enjeu médical, scientifique et économique en forte progression.

Un laboratoire commun pour accélérer l’innovation sur les plaies chroniques

Le nouveau laboratoire Olympe réunit pendant six ans près de 40 chercheurs, cliniciens et ingénieurs. L’objectif est de mieux comprendre les mécanismes de cicatrisation et faire émerger de nouveaux dispositifs pour traiter les plaies chroniques, comme les ulcères de jambe, les escarres ou le pied diabétique.

Le partenariat repose sur une logique de complémentarité : le Laboratoire de biologie tissulaire et d’ingénierie thérapeutique de Lyon apporte son expertise sur les mécanismes biologiques des tissus, tandis qu’URGO met à disposition son savoir-faire industriel et clinique dans la prise en charge des plaies complexes.

Pour Mehdi Gmar, directeur général délégué à l’innovation du CNRS, ce projet illustre la capacité des acteurs publics et privés à structurer une recherche appliquée à fort potentiel :

@CNRS

« Ce LabCom, mené avec Lyon 1 Université, illustre bien la complémentarité entre recherche publique et innovation industrielle. »

Un enjeu de santé publique qui devient aussi un sujet économique

En France, environ 2 millions de personnes seraient concernées par une plaie chronique, soit près de 3 % de la population. À l’échelle mondiale, la prévalence atteindrait 2 %, soit environ 40 millions de personnes. Au-delà de l’enjeu médical, ces pathologies pèsent sur l’autonomie des patients, la qualité de vie et les dépenses de santé.

Dans ce contexte, Olympe s’inscrit dans un marché de la cicatrisation et des dispositifs médicaux où la capacité à innover devient un levier stratégique. Le vieillissement de la population et la progression des maladies chroniques renforcent en effet les besoins en solutions plus efficaces, plus rapides et mieux ciblées.

Pour URGO, l’enjeu est donc aussi industriel. Le groupe, qui a atteint 930 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, dont 60 % à l’international, veut consolider sa place dans la santé en s’appuyant sur la recherche française.

Son président, Guirec Le Lous, résume cette ambition : « Nous créons les conditions pour transformer les avancées scientifiques en solutions concrètes pour les patients. »

Lyon renforce sa place dans la recherche santé

Le lancement d’Olympe conforte le positionnement de la métropole lyonnaise comme place forte de la recherche biomédicale et de l’innovation santé. Pour l’Université Lyon 1, ce laboratoire commun s’inscrit dans une stratégie plus large de rapprochement entre excellence académique, transfert technologique et applications concrètes.

Bruno Lina, président de l’Université Lyon 1, y voit une nouvelle étape dans la structuration de la filière :

« Le laboratoire commun Olympe illustre l’ambition de Lyon 1 Université : unir excellence scientifique et innovation industrielle au service des patients. »

Avec jusqu’à six projets de recherche par an, soit une trentaine sur toute la durée du programme, Olympe ne se limite pas à un affichage institutionnel. Le laboratoire doit aussi contribuer à la formation de nouvelles expertises en cicatrisation et en médecine régénérative, avec à la clé un impact attendu sur la compétitivité de la recherche française et sur l’attractivité du territoire lyonnais.

@URGO

Une collaboration ancienne qui change d’échelle

Ce nouveau laboratoire ne part pas de zéro. Il prolonge plus de quinze ans de collaboration entre URGO, le CNRS et l’Université Lyon 1. Ce travail commun a déjà donné lieu à des thèses, des publications scientifiques et des innovations brevetées, notamment sur les ulcères veineux et le pied diabétique.

Avec Olympe, les partenaires changent toutefois de dimension. Le passage à un laboratoire commun doté de moyens humains identifiés, d’un programme pluriannuel et d’une feuille de route de recherche doit permettre d’accélérer le transfert entre science fondamentale, ingénierie thérapeutique et développement de solutions de soin.

Pour l’écosystème économique régional, l’enjeu dépasse le seul champ médical, il s’agit aussi de démontrer que Lyon peut faire émerger, à partir de coopérations locales solides, des innovations à vocation industrielle et internationale dans un secteur de santé à forte valeur ajoutée.