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Après deux années de recul, le marché de l’emploi cadre pourrait repartir en 2026 en Auvergne-Rhône-Alpes. Selon l’Apec, les recrutements devraient progresser légèrement, dans un contexte économique encore incertain. Une reprise fragile, mais stratégique pour les entreprises régionales.

Un recul confirmé en 2025 malgré un marché toujours actif

En 2025, les entreprises d’Auvergne-Rhône-Alpes ont recruté 34 100 cadres, soit une baisse de 4 % sur un an.

« En 2025, l’emploi cadre en Auvergne-Rhône-Alpes recule à nouveau, dans la continuité de 2024, marqué par le ralentissement des services à forte valeur ajoutée et des secteurs industriels technologiques », explique Stéphane Currenti, délégué régional de l’Apec.

Ce repli s’inscrit dans une dynamique nationale également orientée à la baisse. Toutefois, la région reste particulièrement exposée, du fait de son poids industriel et de ses activités à forte intensité technologique.

Malgré ce ralentissement, le marché ne s’effondre pas. En 2025, 6 900 postes cadres ont été créés en net dans la région, preuve d’un socle d’activité encore solide.

Une reprise attendue en 2026, mais sans retour aux niveaux records

L’Apec anticipe un rebond en 2026, avec environ 35 260 recrutements de cadres, soit une hausse de 3 % en Auvergne-Rhône-Alpes.

« Une reprise est attendue en 2026, sans retrouver le niveau record de 2023 », précise Aurélie Muller, déléguée régionale adjointe.

Cette reprise reste toutefois conditionnée à un environnement économique instable. Les projections évoquent une croissance modérée, des investissements encore contraints et des incertitudes géopolitiques susceptibles de freiner la confiance des entreprises.

Autrement dit, le redémarrage du marché de l’emploi cadre ne sera ni homogène ni garanti.

Un marché structuré par les PME et les secteurs clés

L’étude confirme le rôle central du tissu économique régional. 53 % des cadres travaillent dans des TPE ou PME, et ces entreprises devraient représenter près de 69 % des recrutements en 2026.

Du côté des secteurs, les besoins se concentrent principalement dans les services à forte valeur ajoutée, suivis de l’industrie.

emploiLes métiers les plus recherchés illustrent cette structuration. En tête, les fonctions liées à l’informatique, à la gestion de projets, à la comptabilité ou encore au commerce.

Un enjeu stratégique pour les dirigeants

Pour les entreprises, l’enjeu dépasse la simple reprise des volumes de recrutement. Dans un marché plus exigeant, la capacité à attirer et fidéliser les cadres devient un levier stratégique.

« Dans un environnement incertain, les entreprises devront continuer à ajuster leurs stratégies de recrutement tout en sécurisant leurs besoins en compétences sur le long terme », souligne Laetitia Niaudeau, directrice générale de l’Apec.

Le message est clair. La reprise du marché ne suffira pas. Les dirigeants devront travailler la qualité des recrutements, l’attractivité des postes et la projection des talents dans la durée.

Dans une région où les cadres représentent 11 % de l’emploi national, soit plus de 450 000 actifs, la question des compétences reste au cœur de la compétitivité territoriale.