Parité en entreprise : seulement 24 % de femmes dans les Codir
Une étude de Nomination révèle que les femmes occupent seulement 24 % des postes en comité de direction en 2026. Malgré des progrès depuis cinq ans, la parité reste loin d’être atteinte, notamment dans les instances où se prennent les décisions stratégiques.
Un plafond de verre toujours bien présent
Le constat est net. Alors que les femmes représentent 48 % des postes de management, elles ne sont plus que 24 % au sein des comités de direction.
Autrement dit, le problème ne se situe pas au niveau du vivier de talents, mais bien dans l’accès aux fonctions les plus stratégiques.
Depuis 2020, la progression reste limitée, avec seulement quatre points gagnés. À ce rythme, la parité ne serait pas atteinte avant 2040.
Des écarts marqués selon les secteurs
L’étude met en évidence une forte disparité entre secteurs. Certains environnements se rapprochent progressivement de l’équilibre, notamment le secteur associatif, les administrations ou les médias.
À l’inverse, des secteurs clés de l’économie restent en retrait, comme le BTP, la tech ou encore la logistique, où la part des femmes dans les instances dirigeantes reste particulièrement faible.
Ce décalage traduit des dynamiques structurelles propres à chaque filière, mais aussi des cultures d’entreprise encore très différenciées.
Des fonctions encore fortement genrées
Au niveau des postes de direction, la répartition reste très marquée. Les ressources humaines, la communication ou la RSE concentrent une majorité de femmes.
À l’inverse, les fonctions stratégiques et techniques, comme les systèmes d’information ou la direction générale, restent largement masculines.
Cette segmentation limite mécaniquement l’accès des femmes aux postes les plus exposés et les plus décisionnels.
Un enjeu de performance pour les entreprises
Au-delà de la question sociétale, la parité devient un enjeu économique. Selon l’étude, les entreprises disposant d’un comité de direction paritaire augmentent significativement leurs chances d’entrer en phase d’hypercroissance.
La diversité des profils au sommet des organisations apparaît ainsi comme un levier de performance, en améliorant la prise de décision et la capacité d’adaptation.
Un argument de plus pour accélérer la transformation des modèles de gouvernance.
Des leviers d’accélération identifiés
L’étude montre que certaines typologies d’entreprises avancent plus vite que d’autres. Les structures exposées au grand public, les entreprises à capitaux publics ou encore les sociétés cotées affichent des niveaux de féminisation plus élevés.
La gouvernance, la transparence et la pression réglementaire jouent un rôle déterminant dans cette progression.
Dans ce contexte, la récente évolution du cadre législatif sur l’égalité professionnelle pourrait accélérer les transformations, à condition d’un engagement réel des entreprises.
Un enjeu stratégique pour les dirigeants
Pour les dirigeants, la question dépasse désormais le cadre des obligations réglementaires. Elle touche directement à la performance, à l’attractivité des talents et à la crédibilité de l’entreprise.
La capacité à faire évoluer les pratiques de recrutement, de promotion et de gouvernance devient un facteur différenciant.
Reste un défi majeur, transformer un vivier existant en accès réel aux postes de décision. C’est à ce niveau que se joue désormais la parité.
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