Énergies renouvelables : 23 M€ levés en Auvergne-Rhône-Alpes via Lendosphere
Selon Lendosphere, près de 23 millions d’euros ont été investis en dix ans dans des projets d’énergies renouvelables en Auvergne-Rhône-Alpes. Un signal fort de la montée en puissance du financement participatif dans la transition énergétique régionale.
Le financement participatif s’installe dans le paysage énergétique
Le financement participatif gagne du terrain dans le secteur de l’énergie. En Auvergne-Rhône-Alpes, la plateforme Lendosphere a permis de financer plus de 40 projets depuis 2014, principalement dans le solaire et l’hydroélectricité.
Au total, près de 10 000 habitants ont participé à ces opérations, injectant leur épargne dans des projets locaux. Une dynamique qui s’inscrit dans un contexte où la région s’affirme comme la première productrice d’énergie décarbonée en France.
Ce modèle permet de connecter directement les citoyens aux projets énergétiques de leur territoire, tout en diversifiant les sources de financement pour les développeurs.
Un levier pour accélérer la transition énergétique
Le développement du solaire photovoltaïque apparaît comme un axe stratégique pour la région. La capacité installée pourrait plus que doubler d’ici 2030, passant de 3 GWc aujourd’hui à 6,5 GWc, avec un objectif de 13 GWc à horizon 2050.
Ce secteur en croissance représente déjà plus de 1 500 emplois en Auvergne-Rhône-Alpes et près de 5 % de la consommation électrique régionale.
Dans ce contexte, le financement participatif joue un rôle complémentaire aux dispositifs classiques, en facilitant le déploiement rapide de projets sur le territoire.
Une dynamique qui s’accélère en 2026
La tendance s’intensifie. Plusieurs campagnes doivent être lancées d’ici l’été 2026, avec un objectif de plus de 2 millions d’euros à lever auprès d’investisseurs régionaux.
Des projets récents illustrent cette accélération. En Isère, deux centrales photovoltaïques ont levé 560 000 euros en une semaine, mobilisant 250 investisseurs locaux. Dans l’Ain, une centrale solaire en construction vise une levée de 850 000 euros, avec une participation ouverte en priorité aux habitants du territoire.
Au total, ces installations devraient produire plus de 20 000 MWh par an, soit l’équivalent de la consommation électrique de près de 6 000 foyers.
Un outil d’ancrage territorial et d’acceptabilité
Au-delà du financement, ce modèle répond à un enjeu clé de la transition énergétique : l’acceptabilité locale. En impliquant directement les habitants, les porteurs de projets facilitent leur intégration sur le territoire.
« Le financement participatif permet aux épargnants de donner du sens à leur épargne et de financer les projets d’énergies renouvelables de leur territoire », souligne Laure Verhaeghe, cofondatrice et présidente de Lendosphere.
Du côté des développeurs, cette approche renforce également l’ancrage local des projets et favorise leur appropriation par les riverains.
« Les investisseurs du territoire peuvent participer financièrement au développement de ces projets et être associés aux retombées économiques », ajoute-t-elle.
Vers une nouvelle manière d’investir dans l’énergie
En filigrane, c’est une évolution du rapport à l’investissement qui se dessine. L’épargne devient un outil direct de transformation du territoire, avec un impact concret et mesurable.
Pour les entreprises comme pour les collectivités, ce type de financement ouvre de nouvelles perspectives pour accélérer les projets tout en impliquant les acteurs locaux.
En Auvergne-Rhône-Alpes, la montée en puissance de ces dispositifs pourrait ainsi jouer un rôle clé dans l’atteinte des objectifs de neutralité carbone.
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