Intérim : un marché actif mais en quête de repères
Le marché de l’intérim reste dynamique, mais les attentes évoluent. Selon le baromètre 2026 du groupe lyonnais Adéquat réalisé avec Ipsos, les intérimaires ne manquent pas de motivation. Ils expriment surtout un besoin accru de stabilité, de contact humain et de lisibilité dans les offres.
Des intérimaires actifs, mais en recherche permanente
Premier enseignement du baromètre, une majorité d’intérimaires reste en recherche d’emploi. 60 % des répondants déclarent chercher activement une mission, y compris parmi ceux déjà en poste.
Ce chiffre illustre moins un désengagement qu’une forme de prudence face à un marché perçu comme instable. La multiplication des contrats courts et l’incertitude économique incitent les travailleurs à sécuriser leur parcours professionnel.
Stabilité, sécurité et ambiance au cœur des attentes
Contrairement aux idées reçues, le salaire n’est plus le seul critère déterminant. Les intérimaires placent désormais la stabilité des missions en tête de leurs attentes, suivie de la sécurité au travail et de l’ambiance.
Ces critères arrivent à des niveaux quasi équivalents, traduisant une recherche d’équilibre entre conditions de travail et rémunération.
Cette évolution confirme une transformation plus large du rapport au travail. Les intérimaires, comme d’autres actifs, se montrent plus exigeants sur la qualité de leur environnement professionnel et leur équilibre de vie.
Un marché freiné par des problèmes de mise en relation
Si la demande de travail existe, la mise en relation reste un point de friction majeur. Près des deux tiers des intérimaires jugent leur recherche d’emploi difficile.
Les principales difficultés évoquées concernent le manque de contact avec les recruteurs, le volume insuffisant d’offres et la lenteur des processus de recrutement.
Ces éléments traduisent un problème structurel du marché, davantage lié à l’organisation et à la fluidité des échanges qu’à la motivation des candidats.
Le contact humain reste central malgré l’IA
Dans ce contexte, le rôle du contact humain reste déterminant. La majorité des missions continue d’être obtenue via des interactions directes avec les agences ou les recruteurs.
En parallèle, l’intelligence artificielle s’installe progressivement dans les usages, mais sans s’imposer comme un outil central. Seule une minorité des intérimaires y a recours dans sa recherche d’emploi.
Si certains y voient un gain de temps, une large partie des répondants exprime des réserves, notamment liées au risque de déshumanisation des échanges.
Des écarts marqués selon les profils
L’étude met également en évidence des différences selon les profils. Les femmes accordent davantage d’importance à la sécurité et à la santé au travail, tandis que les seniors restent peu utilisateurs des outils numériques, notamment de l’intelligence artificielle.
Ces écarts soulignent la nécessité d’adapter les pratiques de recrutement et d’accompagnement en fonction des publics.
Un enjeu stratégique pour les acteurs du recrutement
Au-delà des constats, le baromètre met en lumière un enjeu clé pour les entreprises et les agences d’intérim. Améliorer la lisibilité des offres, fluidifier les échanges et maintenir une relation humaine forte deviennent des facteurs déterminants de performance.
Dans un marché où l’offre et la demande coexistent, la capacité à créer du lien apparaît comme un levier aussi stratégique que la digitalisation des processus.
Pour les acteurs du secteur, l’équation est désormais claire : intégrer les outils technologiques sans perdre ce qui fait encore la différence, le contact humain.
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