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RH : un salarié sur cinq prêt à partir, le collectif s’effrite

Le Baromètre RH 2026 réalisé par OpinionWay pour United Heroes met en évidence une transformation profonde du fonctionnement des entreprises françaises. Le collectif ne disparaît pas, mais il se fragmente, avec des impacts directs sur l’engagement, la fidélisation et la performance.

Une entreprise de plus en plus fragmentée

Selon cette étude menée auprès de 1 038 salariés français en janvier 2026, le modèle traditionnel de l’entreprise unie laisse place à une organisation plus éclatée.

Seuls 17 % des salariés perçoivent encore leur entreprise comme un collectif réellement soudé. À l’inverse, la majorité décrit désormais une organisation morcelée, comparable à un ensemble d’équipes fonctionnant en relative autonomie.

Ce basculement se traduit concrètement dans les comportements. En cas de crise, 69 % des salariés déclarent qu’ils privilégieraient leur équipe directe plutôt que leur entreprise dans son ensemble. Le sentiment d’appartenance reste donc fort, mais il se concentre à un niveau plus local.

Plusieurs lignes de fracture apparaissent nettement. Les tensions entre siège et terrain, les différences générationnelles ou encore les écarts entre métiers structurent désormais le quotidien des organisations. À cela s’ajoute un effet du télétravail : plus d’un salarié sur deux déclare passer certaines journées sans interaction informelle, ce qui renforce l’isolement et limite les échanges transverses.

Un risque direct pour la performance et la rétention

Cette fragmentation n’est pas qu’un sujet culturel. Elle a des conséquences économiques très concrètes pour les entreprises.

Près des trois quarts des salariés estiment que le manque de cohésion nuit à la performance globale. La qualité du collectif influence directement la motivation pour 83 % d’entre eux et la fidélité pour 74 %.

Le lien avec la rétention est particulièrement marqué. Dans les entreprises perçues comme fragmentées, jusqu’à 38 % des salariés déclarent qu’aucune offre équivalente ne les retiendrait. Ce chiffre grimpe à 43 % lorsque la direction est jugée peu engagée sur les enjeux de cohésion.

Autre signal fort, le sentiment d’injustice progresse. Près d’un salarié sur deux estime ne pas être reconnu à sa juste valeur, que ce soit sur les opportunités d’évolution, la charge de travail ou l’accès à l’information. Ce ressenti alimente la défiance et accentue la fragmentation interne.

Pour les directions générales et les DRH, le sujet change de nature. Il ne s’agit plus de recréer artificiellement une unité globale, mais de reconnecter des équipes devenues autonomes. La cohésion apparaît désormais comme un levier stratégique à part entière, au même titre que la productivité ou la performance financière.