Rhône : Bovicash lève 100 millions d’euros pour financer 50 000 bovins
Installée à Dardilly, dans le Rhône, la société Élevage Durable Services (EDS) annonce avoir sécurisé 100 millions d’euros pour lancer Bovicash, une solution de leasing dédiée aux éleveurs bovins français.
Le dispositif, qui sera officiellement lancé à l’automne 2026, ambitionne d’introduire environ 50 000 nouvelles vaches allaitantes dans les élevages français.
Dans un contexte de décapitalisation accélérée du cheptel français, cette levée de fonds marque l’arrivée d’un modèle de financement encore peu développé en France mais largement répandu dans plusieurs pays anglo-saxons.
Le recul du cheptel fragilise toute la filière bovine
Premier cheptel bovin d’Europe, la France fait pourtant face à une baisse continue du nombre d’animaux depuis plus de vingt ans. Selon les chiffres cités par EDS, la France a perdu 440 000 vaches allaitantes entre 2018 et 2023, et 730 000 vaches au total en incluant les filières lait et viande.
Cette contraction progressive pèse directement sur la production nationale de viande bovine et sur l’équilibre économique de la filière. Elle contribue également à tendre les prix pour les consommateurs et fragilise davantage une agriculture déjà confrontée à des difficultés de transmission et de financement.
Le modèle porté par Bovicash consiste à permettre aux éleveurs de renforcer leur cheptel sans mobiliser immédiatement une capacité d’investissement importante. L’entreprise s’appuie notamment sur l’expérience de Gestel, spécialiste historique du financement bovin créé en 1972, ainsi que sur MyMarguerit, une solution d’investissement dans des cheptels destinés à la location auprès d’éleveurs.
Un modèle inspiré des États-Unis et de l’Australie
Leasing de matériel agricole, financement d’équipements ou crédit-bail sont déjà largement installés dans l’agriculture française. Le leasing appliqué directement au cheptel reste en revanche encore marginal.
Bovicash veut précisément importer un modèle déjà répandu aux États-Unis, en Australie ou en Nouvelle-Zélande, où les solutions de location de bovins permettent aux exploitations de gagner rapidement en capacité de production sans supporter seules le poids du financement initial.
Avec cette opération, EDS cherche désormais à structurer un marché encore émergent en France. L’enjeu dépasse la seule question financière : dans un contexte de recul du nombre d’éleveurs et de tensions sur la souveraineté alimentaire, la capacité à maintenir et renouveler le cheptel devient progressivement un sujet stratégique pour toute la filière viande.
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