Qualité de l’air : 97 % des habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes exposés à des particules fines au-dessus des seuils OMS
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a présenté son bilan 2025 de la qualité de l’air dans la région, dans un contexte marqué à la fois par l’amélioration progressive de plusieurs polluants historiques et par le durcissement à venir des normes européennes. Si les concentrations de dioxyde d’azote et de particules fines poursuivent globalement leur baisse sur le long terme, l’ozone reste un sujet de préoccupation majeur, amplifié par les effets du changement climatique.
Selon Atmo, près de 7,9 millions d’habitants de la région demeurent exposés à des niveaux de particules PM2,5 supérieurs aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, soit 97 % de la population régionale.
Des progrès confirmés mais une dynamique qui ralentit
Depuis 2007, les concentrations des principaux polluants réglementés ont fortement diminué en Auvergne-Rhône-Alpes. Le dioxyde d’azote affiche une baisse de 56 %, les PM10 reculent de 50 % et les PM2,5 de 64 %. En parallèle, l’ozone progresse de 18 %, porté notamment par les épisodes de chaleur de plus en plus fréquents.
L’année 2025 a d’ailleurs été marquée par plusieurs phénomènes météorologiques favorables à la pollution atmosphérique, avec deux vagues de chaleur estivales et un ensoleillement supérieur de 10 % à la normale dans la région. Atmo souligne également l’impact des gigantesques incendies canadiens de juin 2025, dont les particules et composés organiques volatils ont temporairement affecté la qualité de l’air régionale.
Le transport routier reste le principal émetteur d’oxydes d’azote avec 49 % des émissions régionales, tandis que le chauffage résidentiel au bois représente toujours 74 % des émissions de particules fines PM2,5.
Une future réglementation européenne beaucoup plus stricte
Le rapport met également en lumière les conséquences de la nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air, qui entrera progressivement en vigueur d’ici 2030. Celle-ci prévoit notamment de diviser par deux les seuils réglementaires pour le dioxyde d’azote et les PM10, et par 2,5 ceux concernant les PM2,5.
Selon les simulations réalisées par Atmo à partir des données 2025, plusieurs secteurs de la région pourraient à nouveau se retrouver en situation de dépassement réglementaire avec ces nouveaux seuils, notamment autour des grands axes routiers lyonnais et grenoblois.
Le rapport pointe également l’émergence de nouveaux enjeux de surveillance liés aux PFAS, aux particules ultrafines, aux pesticides dans l’air ou encore aux pollens, désormais intégrés dans les missions des associations de surveillance de la qualité de l’air.
Pour Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, les prochaines années devront conjuguer transition énergétique, rénovation du chauffage au bois, évolution des mobilités et adaptation climatique afin de répondre à des exigences sanitaires appelées à devenir beaucoup plus contraignantes.
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