Cadres : pourquoi il est toujours aussi difficile de décrocher pendant les vacances
À quelques jours des congés d’été, l’Apec publie deux études qui mettent en lumière une contradiction de plus en plus marquée chez les cadres. Si une large majorité se dit épanouie dans son travail, cet engagement s’accompagne d’une difficulté persistante à déconnecter, avec des conséquences directes sur la santé mentale. Un sujet qui devient un enjeu de management pour les entreprises.
Des cadres attachés à leur travail, mais avant tout à leur équilibre de vie
Le travail continue de jouer un rôle central dans la vie des cadres français. Selon l’Apec, 71 % considèrent qu’il constitue une source d’épanouissement. Cette proportion atteint 79 % chez les managers et 77 % chez les moins de 35 ans, signe que l’engagement professionnel reste fort, y compris chez les nouvelles générations.
Pour autant, cet attachement ne signifie pas que le travail prime sur tout le reste. Lorsqu’ils classent leurs priorités, les cadres placent d’abord leur santé, puis leur niveau de revenus et leur cadre de vie. L’épanouissement professionnel arrive derrière ces critères, illustrant l’importance croissante accordée à l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle.
Les principaux facteurs d’insatisfaction évoluent également. Le manque d’intérêt des missions, l’absence de perspectives d’évolution ou encore une charge de travail trop importante pèsent désormais davantage que le statut ou le niveau de diplôme dans la perception du salaire et de la qualité de vie au travail.
Le droit à la déconnexion reste largement théorique
Cette implication professionnelle a toutefois son revers. Plus d’un cadre sur deux (56 %) déclare avoir des difficultés à déconnecter le soir ou le week-end. Le phénomène touche particulièrement les managers et les moins de 35 ans, dont près des deux tiers reconnaissent ne pas réussir à couper avec leur activité professionnelle.
Pendant les vacances, les habitudes restent tenaces. Près d’un cadre sur deux consulte ses e-mails professionnels, plus d’un tiers répond aux messages ou avance sur ses dossiers. Pour la majorité d’entre eux, il s’agit avant tout de respecter les délais ou d’éviter une accumulation de travail au retour.
Cette hyperconnexion n’est pas sans conséquence. Parmi les cadres qui continuent à travailler en dehors de leurs horaires habituels, 45 % estiment que cette situation dégrade leur santé mentale. Ce chiffre grimpe à 61 % chez les moins de 35 ans, révélant une vulnérabilité particulière des jeunes générations pourtant les plus investies dans leur activité.
Pour les entreprises, ces résultats rappellent que la qualité de vie au travail ne se résume plus à quelques mesures de bien-être. Préserver la capacité des collaborateurs à réellement déconnecter devient un enjeu de performance durable, de fidélisation des talents et de prévention des risques psychosociaux, alors même que près d’une entreprise sur deux seulement a mis en place des règles favorisant effectivement le droit à la déconnexion.
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