En Auvergne-Rhône-Alpes, l’artisanat gagne des entreprises mais peu d’emplois
L’Auvergne-Rhône-Alpes comptait 202 000 entreprises artisanales au 1er janvier 2024, soit 22 % de plus qu’en 2019, selon le baromètre ISM-MAAF. Cette progression, observée dans tous les départements et toutes les catégories de communes, contraste toutefois avec celle de l’emploi salarié, limitée à 3 % en cinq ans. Le principal défi n’est donc plus seulement de créer des entreprises, mais de consolider leur développement.
Le nombre d’entreprises progresse dix fois plus vite que la population
Le tissu artisanal continue de s’étoffer en Auvergne-Rhône-Alpes. D’après le baromètre publié par l’Institut supérieur des métiers avec le soutien de MAAF, la région regroupait 202 000 entreprises artisanales actives au 1er janvier 2024, contre environ 166 000 cinq ans auparavant.
Leur nombre a ainsi augmenté de 22 % entre 2019 et 2023, alors que la population régionale ne progressait que de 2 %. L’artisanat représente désormais 28 % de l’ensemble des entreprises actives en Auvergne-Rhône-Alpes, avec une forte présence du bâtiment, qui concentre 42 % des structures recensées, devant les services à 36 %, la fabrication à 16 % et l’alimentation à 6 %.
Cette croissance ne se limite pas aux métropoles. Le nombre d’entreprises artisanales augmente de 24 % dans les communes rurales, de 21 % dans les petites villes, de 20 % dans les villes moyennes et de 19 % dans les grandes villes. Le mouvement est donc légèrement plus rapide dans les territoires les moins peuplés, où l’artisanat joue souvent un rôle important dans le maintien de l’activité économique et des services du quotidien.
L’Isère enregistre la hausse la plus marquée avec 25 % d’entreprises supplémentaires, devant la Haute-Savoie à 24 % et l’Ain à 23 %. La progression atteint 22 % en Ardèche et dans la Drôme, 21,5 % en Haute-Loire et en Savoie, 21 % dans la Loire et 19 % dans le Rhône.
Même le Cantal, dont la population a diminué de 0,8 % entre 2019 et 2023, compte 14,5 % d’entreprises artisanales supplémentaires. À l’échelle communale, Saint-Julien-en-Genevois affiche une hausse de 50,3 %, tandis que Grigny et Feyzin progressent respectivement de 47,1 % et 42,4 %.
Les services progressent, mais les commerces alimentaires stagnent
L’augmentation du nombre d’entreprises améliore le maillage de certains services essentiels. La réparation automobile est désormais présente dans 63 % des communes d’Auvergne-Rhône-Alpes, contre 57 % cinq ans auparavant. La maçonnerie couvre 67 % des communes, soit un point de plus qu’en 2019.
Les coiffeurs disposent d’une implantation dans 54 % des communes, devant les taxis et VTC à 34 % et les fleuristes à 22 %. La plus forte progression concerne les instituts de beauté et les ongleries, dont la couverture territoriale passe de 37 % à 47 % en cinq ans.
La situation évolue beaucoup moins dans les métiers de l’alimentation. La part des communes disposant d’une boulangerie-pâtisserie reste stable à 46 %, tandis que celle des communes dotées d’une boucherie-charcuterie augmente légèrement, de 26 % à 27 %.
Ces chiffres montrent que la hausse du nombre total d’entreprises ne se répartit pas uniformément entre les activités. Les services à la personne, la réparation et certaines professions du bâtiment renforcent leur présence, tandis que les métiers alimentaires, confrontés notamment aux contraintes d’exploitation, de recrutement et de transmission, ne gagnent que peu de terrain.
Une croissance entrepreneuriale qui crée relativement peu d’emplois
La progression du nombre d’entreprises ne s’accompagne pas d’une hausse comparable des effectifs salariés. À la fin de 2024, les entreprises artisanales de moins de 20 salariés employaient 248 880 personnes dans la région, soit 10 % des emplois salariés du secteur marchand.
Ces effectifs ont augmenté de 3 % depuis 2019, une progression inférieure à la moyenne nationale de 5 % et très éloignée de la hausse de 22 % du nombre d’entreprises. Ce décalage montre que la multiplication des structures ne se traduit pas automatiquement par des recrutements dans les mêmes proportions.
Les écarts territoriaux sont également importants. L’emploi salarié artisanal progresse de 8,3 % en Haute-Loire, de 8,2 % en Savoie et de 7,2 % en Ardèche. La hausse est plus limitée dans l’Ain et la Haute-Savoie, à 1,5 %, dans l’Isère, à 1,6 %, et dans la Loire, à 1 %. Le Cantal est le seul département de la région à enregistrer un léger recul, de 0,5 %.
Le Rhône reste le premier employeur artisanal régional avec 54 890 salariés, devant l’Isère, qui en compte 38 170, et la Haute-Savoie avec 26 900 emplois. La capacité de ces entreprises à franchir un cap, recruter et transmettre leurs activités constituera désormais un indicateur plus déterminant que la seule évolution du nombre d’immatriculations.
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