Entrepreneuriat : 24 % des étudiants se projettent créateurs à cinq ans
L’envie d’entreprendre progresse nettement une fois les premières années de carrière passées. Selon l’édition 2025 de la Global University Entrepreneurial Spirit Students’ Survey (GUESSS), pilotée en France par des chercheurs de l’UCLy et de l’Esdes, 9 % des étudiants français interrogés envisagent de créer leur entreprise dès la fin de leurs études, contre 24 % à horizon cinq ans.
L’expérience professionnelle précède souvent le passage à l’entrepreneuriat
L’enquête internationale a été réalisée dans 66 pays auprès de plus de 196 000 étudiants. En France, l’analyse porte sur 1 710 étudiants issus de 16 établissements d’enseignement supérieur. Les résultats doivent donc être lus à l’échelle de cet échantillon et non comme une photographie exhaustive de l’ensemble de la population étudiante française.
À la sortie des études, le salariat reste largement privilégié : 24,9 % des répondants souhaitent rejoindre une grande entreprise, tandis que 9 % envisagent directement l’entrepreneuriat. Cinq ans plus tard, cette dernière proportion atteint 24 %, ce qui suggère que l’acquisition d’expérience, de compétences et d’un réseau professionnel joue un rôle important dans le passage à l’acte.
Les intentions varient également selon les cursus. Les étudiants en gestion affichent les niveaux les plus élevés, devant ceux en informatique, tandis que les intentions sont plus faibles en sciences humaines et sociales ou en mathématiques. L’environnement familial compte également, les étudiants entourés d’entrepreneurs se projetant davantage dans la création d’entreprise.
Autre enseignement, les entrepreneurs étudiants interrogés accordent une place importante aux dimensions sociales et environnementales. Ils attribuent à leur entreprise un score moyen de 4,69 sur 7 sur ces critères, contre 3,92 pour la performance économique.
Pour ne rien manquer de l’actualité économique de la région, abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire gratuite.
Le financement reste un frein, particulièrement pour les étudiantes
L’étude met toutefois en évidence plusieurs obstacles au passage de l’intention à la création. La perte potentielle d’autres opportunités professionnelles constitue l’une des principales craintes, avec une note moyenne de 4,45 sur 7.
Les écarts entre femmes et hommes apparaissent davantage sur le financement que sur la confiance en leurs compétences. Les étudiantes évaluent leur capacité entrepreneuriale à 4,07 sur 7, contre 4 pour les hommes, mais se montrent plus préoccupées par leur sécurité financière en cas d’échec : 4,87 contre 4,33. Elles expriment également davantage de difficultés anticipées pour accéder aux financements, avec un score de 4,40 contre 4,03.
La formation constitue un autre levier identifié. En France, environ 45 % des répondants ont suivi au moins un cours consacré à l’entrepreneuriat. Le pays se distingue notamment par une proportion plus importante de cours obligatoires : 32 % des étudiants interrogés, contre 19 % à l’échelle internationale. À l’inverse, les enseignements optionnels sont moins fréquents en France, avec 15,1 % contre 23,2 %.
« Les résultats donnent des repères concrets pour identifier les besoins des étudiants et mieux adapter l’accompagnement qui leur est proposé afin de favoriser le passage de l’intention à l’action entrepreneuriale », souligne Tatiana Beliaeva, enseignante-chercheuse à l’Esdes Business School.
Pour les établissements d’enseignement supérieur comme pour les acteurs de l’accompagnement, le sujet se situe donc moins dans la seule envie d’entreprendre que dans les conditions permettant de transformer cette intention en projet viable : formation, accès au financement, réseau et sécurisation des premières années d’activité.
![Lyon Entreprises [LE]](https://www.lyon-entreprises.com/wp-content/uploads/2024/05/cropped-logo-le-nm-260x100-noir.png)