Toute l’actualité Lyon Entreprises

Transition énergétique : 33 % des entreprises régionales sans plan d’action

La transition énergétique est désormais largement identifiée par les dirigeants d’Auvergne-Rhône-Alpes, mais sa traduction opérationnelle reste inégale. Selon le Baromètre 2026 du Crédit Agricole, réalisé par CSA, 92 % des dirigeants régionaux considèrent les enjeux énergétiques comme importants. Pourtant, un tiers des entreprises ne prévoit toujours pas de plan d’action structuré.

Un indice de maturité de 52 sur 100 en Auvergne-Rhône-Alpes

Pour cette troisième édition, l’étude porte sur 1 001 entreprises d’au moins dix salariés, hors agriculture, interrogées entre le 29 avril et le 6 juillet 2026 dans 26 départements d’Auvergne-Rhône-Alpes et de Bourgogne-Franche-Comté. 501 entreprises d’Auvergne-Rhône-Alpes composent le volet régional.

Le Crédit Agricole attribue aux entreprises d’Auvergne-Rhône-Alpes un indice de maturité de 52 sur 100, quasiment identique à celui de Bourgogne-Franche-Comté, qui atteint 51. Cet indicateur agrège la connaissance des enjeux, la gestion de l’énergie, les pratiques et stratégies de transition ainsi que l’engagement environnemental.

Le principal décalage se situe entre le suivi de l’énergie et la construction d’une stratégie dans le temps. Sur l’ensemble de l’échantillon étudié, 96 % des entreprises suivent leurs consommations, mais 90 % s’appuient encore sur leurs factures. Seules 32 % disposent d’un système de pilotage ou de supervision des équipements techniques.

Les investissements les plus accessibles sont déjà largement diffusés : 79 % ont remplacé leurs éclairages par des LED et 20 % produisent de l’énergie sur leur site. Les audits, les rénovations lourdes, la transformation des procédés ou la formalisation d’une feuille de route restent en revanche moins répandus.

Pour ne rien manquer de l’actualité économique de la région, abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire gratuite.

Je m’abonne à la newsletter

Le financement davantage envisagé en Auvergne-Rhône-Alpes

Le baromètre montre aussi que les entreprises régionales se projettent davantage dans le financement de leur transition. En Auvergne-Rhône-Alpes, 59 % citent les subventions publiques et 58 % l’emprunt bancaire parmi les solutions susceptibles d’être mobilisées. Seules 17 % n’envisagent aucun des mécanismes financiers proposés, contre 21 % en Bourgogne-Franche-Comté.

La taille de l’entreprise reste cependant déterminante. Sur l’ensemble du panel, les structures de 10 à 49 salariés obtiennent un indice de maturité de 49 sur 100, contre 61 pour celles de 50 salariés et plus. Le baromètre relie notamment cet écart à la disponibilité d’une expertise interne, d’un budget dédié et du temps nécessaire au pilotage des projets.

Les trajectoires diffèrent aussi fortement selon les métiers. Sur les deux régions étudiées, l’hébergement-restauration obtient un indice de 58 sur 100, devant l’industrie à 56 et les transports à 55. L’agroalimentaire atteint 53, le commerce 51, les services 50 et le bâtiment 47. Ces écarts traduisent surtout des contraintes d’investissement et des usages énergétiques très différents d’un secteur à l’autre.

Dans l’industrie, par exemple, 35 % des entreprises interrogées disposent d’un plan d’action formalisé et 26 % produisent déjà de l’énergie sur site. Dans le bâtiment, seulement 24 % ont réalisé un audit énergétique ou un bilan carbone, tandis que les contraintes liées aux engins, aux chantiers temporaires et aux énergies fossiles compliquent les transformations.

Enfin, le risque climatique entre désormais directement dans l’équation économique : sur l’ensemble du panel, 64 % des entreprises disent avoir été exposées à au moins un aléa climatique au cours des cinq dernières années. Parmi celles concernées, 39 % constatent une hausse de leur consommation d’énergie et 28 % des pertes de production. La transition énergétique ne relève donc plus seulement d’une politique environnementale : elle touche aussi les coûts, l’investissement et la continuité d’activité.