À Lyon, ENGIE alerte sur les dépendances qui fragilisent l’industrie
Énergie, eau, matières premières, cybersécurité : les entreprises doivent désormais composer avec des risques qui dépassent largement leurs marchés habituels. Réunis à Lyon le 8 octobre 2026 à l’initiative d’ENGIE, plusieurs responsables économiques, industriels et institutionnels ont confronté leurs analyses sur les vulnérabilités de la France et de l’Europe, avec des conséquences très concrètes pour l’activité en Auvergne-Rhône-Alpes.
Le Rhône, au croisement des enjeux industriels, agricoles et énergétiques
Peut-on maintenir une industrie compétitive sans disposer d’une énergie accessible, d’un approvisionnement sécurisé en matières premières ou d’une ressource en eau suffisante ? Cette question a traversé les échanges organisés à Lyon par ENGIE, en présence notamment de Philippe Valentin, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne.
« Il ne peut pas y avoir de souveraineté industrielle sans énergie disponible et compétitive. Pas de souveraineté alimentaire sans une agriculture forte », a rappelé Florence Libre, directrice déléguée d’ENGIE en Auvergne-Rhône-Alpes.
La vallée du Rhône constitue une illustration particulièrement concrète de ces interdépendances. Laurence Borie-Bancel, présidente du directoire de la Compagnie nationale du Rhône (CNR), a indiqué que les 19 aménagements exploités par l’entreprise avaient permis de maintenir la navigation à grand gabarit et l’irrigation agricole malgré la forte diminution des débits observée durant l’été 2026.
Mais la multiplication des tensions sur l’eau impose d’améliorer la connaissance de la ressource. La CNR travaille ainsi à la préfiguration d’un centre de supervision destiné à rassembler les données sur les apports au Rhône et les prélèvements. Une démarche susceptible d’éclairer les arbitrages futurs entre production énergétique, agriculture, industrie et navigation.
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Cyberattaques et approvisionnements : des risques pour toutes les entreprises
La question de la souveraineté ne concerne pas uniquement les grands groupes industriels. Le général Alain Lardet, gouverneur militaire de Lyon, a notamment alerté sur les cyberattaques, les sabotages et les pressions exercées sur les chaînes de valeur. Des menaces qui peuvent toucher les petites entreprises, y compris lorsqu’elles interviennent comme sous-traitants.
La dépendance européenne à certaines ressources stratégiques constitue une autre source de vulnérabilité. Carine Sebi, professeure à Grenoble École de Management, a notamment évoqué les batteries, les panneaux photovoltaïques et les métaux critiques. Elle défend le développement de filières de recyclage et d’écosystèmes industriels capables de limiter ces dépendances.
Sur le terrain économique, Pierre Jouvet, député européen et rapporteur de l’Industrial Accelerator Act, a plaidé pour une préférence européenne dans les marchés publics et les aides aux entreprises. Il s’agit à ce stade d’orientations défendues dans le débat européen, et non de mesures déjà adoptées.
Julia Maris, directrice générale adjointe d’ENGIE, a également insisté sur la nécessité de concilier sécurité énergétique, décarbonation et compétitivité. « L’électrification est un levier majeur de résilience lorsqu’elle est techniquement et économiquement possible. Pour investir dans la durée, les entreprises ont besoin de visibilité et de règles stables. »
La rencontre n’a pas débouché sur l’annonce d’un nouveau programme industriel ou d’un financement régional. Elle a néanmoins mis en évidence plusieurs sujets qui pèsent déjà sur les décisions d’investissement des entreprises : la disponibilité de l’eau, le coût de l’énergie, la sécurité des approvisionnements et la protection des outils de production.
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