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Un emploi salarié marchand sur sept en Auvergne-Rhône-Alpes dépend d’une multinationale étrangère. Selon une étude publiée le 23 octobre par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 249 000 emplois étaient concernés en 2023, soit 14 % du total régional. Derrière l’Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes est la deuxième région française en volume d’emplois contrôlés par des groupes étrangers, avec une particularité forte : leur implantation reste très industrielle.

110 000 emplois industriels contrôlés par des groupes étrangers

Sur les 249 000 emplois concernés, 44 % relèvent de l’industrie, contre 24 % du commerce, 24 % des autres services et 8 % des transports et de la construction. Au total, 110 000 emplois industriels régionaux sont sous contrôle d’une multinationale étrangère, ce qui place Auvergne-Rhône-Alpes au premier rang français sur ce critère.

Cette présence est particulièrement marquée dans certains métiers industriels. Les groupes étrangers contrôlent ainsi 54 % des emplois de la fabrication de machines et équipements, soit 19 000 postes, et 56 % des emplois de l’industrie automobile, soit environ 12 000 postes. Renault Trucks, filiale du groupe Volvo, figure parmi les principaux employeurs concernés.

Dans la chimie, 46 % des emplois dépendent de multinationales étrangères. La région se distingue également dans l’électronique : 8 000 emplois sont concernés, dont une grande partie chez STMicroelectronics en Isère. Avec environ 7 300 emplois, le fabricant franco-italien dont le siège social est situé aux Pays-Bas constitue le premier groupe à capitaux étrangers de la région.

L’industrie pharmaceutique compte de son côté 7 000 emplois sous contrôle étranger, tandis que les autres industries manufacturières, notamment le matériel médical, en comptent environ 8 000. La présence de l’américain Becton Dickinson contribue fortement à ce poids.

Le Rhône concentre 94 000 emplois, l’Isère affiche le taux le plus élevé

L’implantation des groupes étrangers reste très concentrée autour des grandes métropoles. Avec 94 000 emplois concernés, soit 16 % de son emploi salarié marchand, le Rhône arrive en tête en volume. L’Isère compte 47 000 emplois sous contrôle étranger et affiche la proportion la plus élevée de la région, à 17 %.

La géographie des investisseurs reflète à la fois la proximité des frontières et les grands équilibres industriels régionaux. Deux tiers des emplois concernés dépendent de groupes européens. L’Allemagne représente 38 000 emplois, devant la Suisse, tandis que les Pays-Bas totalisent 19 000 postes.

Mais pris individuellement, les États-Unis constituent le premier pays investisseur avec 53 000 emplois, soit 21 % du total. La moitié de ces emplois américains appartient à l’industrie, avec notamment Becton Dickinson et General Electric.

L’étude montre aussi que cette présence ne se limite pas à des implantations anciennes. Entre 2017 et 2025, Auvergne-Rhône-Alpes a enregistré 1 700 projets d’investissements directs étrangers représentant 45 000 emplois créés ou maintenus. Parmi les projets réalisés par des multinationales étrangères déjà présentes dans la région, 62 % correspondent à des extensions de sites existants, signe d’un ancrage qui se traduit aussi par de nouveaux investissements productifs.

Ces groupes jouent enfin un rôle important dans le commerce extérieur régional. Sur le champ étudié par l’Insee, les établissements appartenant à des groupes étrangers ont généré 13 milliards d’euros d’exportations de biens en 2023, soit 43 % du total considéré. L’industrie représente à elle seule 84 % de ces exportations.

L’étude de l’Insee porte sur les entreprises productives et marchandes hors agriculture, administration publique et intérim. Les emplois sont exprimés en équivalent temps plein et les données d’emploi sous contrôle étranger portent sur l’année 2023.