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MyMarguerit franchit les 40 M€ et accélère sur l’épargne agricole

La société de gestion basée dans le Rhône MyMarguerit atteint 40 millions d’euros sous gestion. Une étape qui confirme l’intérêt croissant pour des placements alternatifs, adossés à l’économie réelle, dans un contexte de volatilité des marchés financiers.

Un modèle d’investissement qui séduit et change d’échelle

MyMarguerit vient de franchir un cap symbolique. La structure spécialisée dans l’investissement dans le cheptel bovin affiche désormais plus de 40 millions d’euros sous gestion, après une année 2025 record et un début 2026 sur la même dynamique.

La croissance est nette. La collecte a doublé en 2025 et la tendance se confirme sur le premier trimestre 2026, avec trois fois plus de nouveaux clients par rapport à l’année précédente.

Derrière ces performances, un positionnement atypique sur le marché de l’épargne. La société propose aux particuliers d’investir directement dans des bovins, ensuite loués à des éleveurs. Les loyers générés constituent la source de rendement pour les investisseurs.

« La force de notre solution réside dans son unicité : proposer d’investir dans le vivant, au cœur de l’économie réelle », explique Carl Darjinoff, directeur de la relation investisseurs.

Une réponse à un enjeu clé du monde agricole

Au-delà de la performance financière, le modèle répond à une problématique structurelle du secteur agricole. L’accès au financement reste l’un des principaux freins au développement des exploitations.

Entre foncier, bâtiments, équipements et cheptel, le coût d’installation ou d’extension peut rapidement atteindre des montants élevés. Dans ce contexte, le leasing de cheptel apparaît comme une solution opérationnelle pour les éleveurs.

Concrètement, ce mécanisme permet d’augmenter la taille du troupeau sans mobiliser de capitaux importants. Un levier direct de croissance pour les exploitations, dans un secteur sous tension.

Le retour en force des actifs tangibles

L’essor de MyMarguerit s’inscrit dans une tendance plus large. Face à l’instabilité des marchés financiers, les investisseurs se tournent de plus en plus vers des actifs tangibles et décorrélés.

Le modèle revendique une certaine stabilité, avec un objectif de performance globale supérieur à 5 % par an sur le long terme, basé sur les données historiques du secteur.

Ce type de placement, adossé à des actifs physiques, répond aussi à une recherche de sens. L’épargne n’est plus seulement un outil de rendement, mais devient un levier d’impact.

Un levier pour la souveraineté alimentaire

Avec plus de 40 000 bovins répartis sur le territoire, MyMarguerit revendique aujourd’hui le plus grand cheptel détenu par des investisseurs en Europe.

Toutes les exploitations partenaires sont basées en France et orientées vers le marché national. L’initiative s’inscrit ainsi dans un enjeu plus large de souveraineté alimentaire et de maintien des filières agricoles.

Le modèle intègre également des exigences en matière de bien-être animal et d’accompagnement des éleveurs, notamment sur les aspects sanitaires et humains.

Une nouvelle classe d’actifs en émergence

En filigrane, c’est toute une évolution du marché de l’investissement qui se dessine. Entre finance traditionnelle et économie réelle, des solutions hybrides émergent, à la croisée des enjeux économiques, sociétaux et environnementaux.

MyMarguerit en est une illustration. Reste à savoir si ce type de modèle pourra changer d’échelle et s’imposer durablement comme une véritable classe d’actifs.

Pour les dirigeants comme pour les investisseurs, le signal est clair, l’épargne se réinvente, et l’agriculture devient, plus que jamais, un terrain stratégique.