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Pépite très convoitée : basé à Villefranche-sur-Saône, Aleph Networks le « Google français du dark Web » recherche la clientèle des entreprises

On ne s’attend pas à trouver une telle entreprise dans la capitale caladoise. Pourtant, le siège d’Aleph Networks se trouve dans un centre d’affaires sans caractère particulier de Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône. Dans l’immeuble de bureaux où elle est installée, rien n’indique qu’il s’agit d’une start-up high-tech plutôt hors norme. C’est même la seule entreprise numérique de ce type en France, voire même en Europe.

Illustration du caractère spécifique de la société et de sa discrétion : l’entreprise ne publie pas le nom de ses fondateurs et dirigeants, a fortiori, ni leur visage : que leurs yeux sur le site Web de l’entreprise (photo).

Cette société créée en 2012 a en effet développé un moteur de recherche qui ne concerne pas le Web de tout-un-chacun, comme Google ou le Français Qwant, par exemple, mais le deep et le dark web, la face cachée de l’Internet. Là où se trament plein de choses légales, mais aussi tous les trafics internationaux, qu’il s’agisse d’armes, de listes de cartes bleues volées ou de drogue.

En fait, explique Céline Haéri, directrice des opérations de la start-up, « le Web que l’on connaît, que l’on appelle le « clear Web », celui des moteurs de recherches comme Google ne représente, selon les estimations qu’entre 2 et 20 % seulement du Web ! » Et de poursuivre : « Mais il y aussi deux autres couches : le deep Web, avec de très nombreux sites qui ne sont pas référencés car ils ne le veulent pas ou qu’ils sont trop spécialisés. Puis il existe encore une couche plus profonde : le dark Web : et là, on change de technologies, on ne peut pas y accéder par des navigateurs standards. »

Naviguer dans le profondeurs du dark Web

Créé par des mathématiciens de haut vol, Aleph Networks a mis au point des algorithmes qui permettent d’aller naviguer dans les profondeurs de ce dark Web.

Elle a pour l’heure, peu de clients, mais ceux-ci sont plutôt prestigieux : du ministère des Armées, à celui de l’Intérieur ; voire encore celui des Finances. Et bientôt le ministère de la Justice. Actuellement, la société tire en effet 80 % de ses revenus de l’Etat.

Ces administrations veulent pouvoir détecter les fuites d’informations sensibles, rechercher les contrefaçons, voire encore, comme le précise « maîtriser tous les outils de la guerre économique ». De la veille en profondeur.

Le privé aussi

Cela n’empêche pas la start-up caladoise à chercher à s’ouvrir aux entreprises privées. « Notre objectif est d’équilibrer notre clientèle entre l’Etat et les entreprises à 50/50 », explique Céline Haéri,

L’originalité du produit et des algorithmes d’Aleph Networks est qu’ils permettent d’analyser et d’indexer ces milliards de pages. L’entreprise s’appuie notamment sur un réseau d’une dizaine de « data scientist » en Recherche&Développement. La start-up connaît d’ailleurs une telle avance en la matière, qu’elle a été approchée par des investisseurs anglo-saxons et russes. Pas innocemment…

« Pas question de nous faire avaler, nous voulons rester indépendants », précise la directrice des opérations. Ce qui n’empêche pas cette start-up de douze salariés et d’environ un million d’euros de chiffre d’affaires de rechercher des investisseurs pour progresser plus vite encore.

Objectif : engranger plusieurs millions d’euros. « Tout dépendra de la valorisation de l’entreprise », précise Céline Haéri.
« Nous avons encore énormément de projets et nous aimerions bien les mettre en œuvre rapidement », s’enthousiasme cette dernière.

Parmi ceux-ci, de nouveaux produits dans le domaine de l’intelligence économique et de l’intelligence stratégique.
Aleph Networks veut aussi pour partie sortir du deep et du dark Web : « Nous sommes en train de mettre au point un moteur de recherche qui a pour but de permettre à chaque entreprise de constituer sa propre zone de veille en matière de sécurité ; et ce, avec l’aide de l’Intelligence Artificielle, lui permettant d’enrichir sa propre infosphère… »

Créée en 2012, l’entreprise n’a vécu pour l’heure que sur son autofinancement et le programme d’investissement des start-up innovantes de l’armée française (à l’instar, par exemple de SIA Lab, Intelligence Campus ou AID).

Des comptes dans le vert

L’entreprise a de toute façon sa pérennité assurée et les moyens de son indépendance : il convient de noter que, malgré son jeune âge, les comptes de cette jeune start-up sont dans le vert… « Nous sommes une entreprise de niche, mais nous ne sommes qu’au début de notre histoire », lance en final, la directrice des opérations de cette start-up dont le métier est de fouiller les tréfonds du Web.

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