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Après la visite d’Emmanuel Macron à Marcy-l’Etoile, Sanofi annonce un millier de suppressions d’emplois en France…

Décidément, la direction de Sanofi et son directeur général, le Britannique Paul Hudson n’ont pas le sens du timing en matière de communication.

On se souvient du tollé provoqué lorsqu’il avait annoncé que les Etats-Unis seraient privilégiés au détriment de la France, en cas de découverte d’un vaccin. Il s’était ensuite rétracté.

Bis repetita, mais cette fois en matière d’emplois.

Après avoir annoncé en présence d’Emmanuel Macron, un investissement de 610 millions d’euros à Lyon et assuré que le cœur de sa stratégie est situé en France et notamment à Lyon, dix jours plus tard, le groupe laisse entendre qu’il va supprimer près de 1 700 emplois en Europe dont 1 000 en France. Les postes visés concernent les fonctions support, commerciales et les plateformes liées à la recherche : les sites concernés devraient être bientôt détaillés.

Une image brouillée

Certes, ce ne devrait pas être des licenciements secs, mais des départs volontaires, mais il n’y a pas à dire, l’image du plus gros Pharmacien français ne peut qu’être brouillée.

Qui plus est, c’est une mauvaise manière faite à Emmanuel Macron, qui dix jours auparavant avait lancé son plan de relocalisation de vaccins et de médicaments en France, avec l’aide de l’argent public et n’avait pas été avare de compliments à l’égard de Sanofi.

Dans le cadre de ce plan de suppressions d’emplois, le géant pharmaceutique explique “ qu’il veut mettre en place une nouvelle stratégie qui passe par une réorganisation et qu’il ne s’agit pas d’un plan social lié aux conséquences de l’épidémie de coronavirus…”

Dans le Rhône, les sites de Neuville-sur-Saône et Marcy l’Etoile dédiés à la production de vaccins ne devraient pas être concernés. “A priori, il ne devrait pas y avoir d’impact sur ces sites” précise Humberto De Sousa, coordinateur adjoint CFDT du groupe Sanofi Pasteur, sur le site de Marcy-l’Etoile.

Le représentant syndical déplore le manque d’accompagnement et l’absence d’anticipation de la direction face à “des métiers obsolètes”.

“Alors que des collaborateurs ont travaillé d’arrache-pied pendant trois mois, on leur annonce des suppressions de postes, cela peut paraître incompréhensible”, poursuit le syndicaliste.

Déjà 470 suppressions de postes

La CGT de son côté note que le dernier plan de réduction des effectifs, annoncé en juin 2019 (près de 470 suppressions de postes dans la Recherche& Développement en France et en Allemagne), ” n’est pas encore terminé, que la direction en annonce un nouveau ! “

Le groupe se désengage en effet de la recherche contre le diabète, l’un de ses cœurs de métiers historiques, et des traitements cardiovasculaires pour se consacrer sur un plus faible nombre de molécules.

Bénéficiant de la la crise sanitaire, Sanofi a affiché un chiffre d’affaires au premier trimestre 2020, de près de 9 milliards d’euros, soit une hausse de 6,9 % due pour moitié à la pandémie de Covid-19, pendant laquelle ses ventes de médicaments anti-douleur ont été dopées, à l’instar du Doliprane.

Le groupe a prévu de verser un dividende supérieur à celui de l’année précédente à ses actionnaires, pour un montant total de près de 4 milliards.

Et ce, à contre-courant de nombre d’entreprises qui ont soit réduit, soit annulé leur dividende en raison de la crise sanitaire.

Les syndicats attendent des précisions sur les compensations financières et les modalités de départ…

La France est “au centre” de la stratégie de Sanofi, a assuré samedi Paul Hudson, le directeur général du groupe pharmaceutique, suite à cette nouvelle polémique, refusant de qualifier de “plan social” cette suppression annoncée de 1000 emplois.

“Je confirme la volonté de Sanofi de donner plus que jamais à la France une place centrale dans sa stratégie. Nous allons y réaliser des investissements massifs notamment pour construire une usine nouvelle génération de fabrication de vaccins à Neuville-sur-Saône qui va permettre de créer plusieurs centaines de nouveaux emplois”, déclare-t-il en réponse dans un communiqué à l’AFP.

“Nous devons contribuer à construire la souveraineté sanitaire de l’Europe et de la France”, ajoute-t-il.

Un pas en avant, un pas en arrière…

Photo-Lors de la visite d’Emmanuel Macron chez Sanofi.