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« Nous voulons devenir les spécialistes du dernier kilomètre… ». C’est ce qu’explique, Pingki Houang, directeur général, un des co-créateurs d’une start-up qui s’est spécialisée dans le fret express, « Stuart ».

 Celle-ci, au capital de laquelle on trouve Clément Benoit, le créateur de « Resto-In », mais aussi Jacques Antoine Granjon (« Vente privée.com ») ou Olivier Mathiot (« Price Minister »), a bénéficié effectivement d’un démarrage express à Paris où elle compte désormais une communauté de 500 coursiers à vélo.

 Lyon, après Paris

 Elle vient de s’installer à Lyon, avant de développer au cours des mois à venir, son concept à Bordeaux, Marseille, etc.

 Ce concept de fret express se veut innovant dans la mesure où il ne s’adresse pas seulement aux restaurateurs désireux de faire du chiffre d’affaires en développant un service à domicile, mais en fait à tous les types de commerces qui veulent croître en développant une distribution efficace et pas cher : 6,50 euros la course dans un rayon de trois kilomètres.

 Sont ainsi concernés, les e.commerçants qui, comme LDLC, par exemple possèdent aussi des magasins en dur, mais aussi tous types de commerce.

 Pour les e.commerçants comme le Grenoblois Zalando (chaussures), un système de retour a également été mis en place.

 Deux concepts qui se veulent innovants ont été mis au point par Stuart pour couper l’herbe sous le pied de ses concurrents.

 Le premier est la création d’une communauté des jeunes coursiers cyclistes qui à mi-temps ou à plein-temps au choix, vont livrer les clients à domicile et sont bien sûr disséminés dans toute la métropole lyonnaise.

 Des coursiers indépendants, donc auto-entrepreneurs

 Ils doivent être indépendants et donc auto-entrepreneurs. Ils sont assurés par Stuart, tout comme bien sûr la marchandise et bénéficient d’une mutuelle, mais ils doivent utiliser leurs propres vélos.

 Actuellement au nombre de trente, à Lyon, ces coursiers express, devraient être au nombre d’une centaine d’ici la fin de l’année.

 Il faut qu’ils soient nombreux si Stuart veut répondre à son cahier des charges et à son slogan : une livraison assurée en une demi-heure.

 Toutes les livraisons jusqu’à quarante kilos sont bienvenues chez Stuart. Jusqu’à dix kilos pour celles opérés par vélo, plus pour celles transportées en vélo cargo, voire en scooter ou même en voiture, ces derniers modes de transport devant être dès l’année prochaine 100 % électriques, assure le directeur général.

 Le second concept développé par Stuart est constitué par une application qui permet de mettre en contact à la fois le e.commerçant ou le magasin, voire encore le restaurant avec le coursier express. Une logistique nécessaire qui a pour but de perdre le minimum de temps et de mettre en route le cycliste le plus proche et donc le plus à même d’effectuer la course.

 La Poste actionnaire à hauteur de 20 millions d’euros

 On comprend mieux, vu cette description pourquoi cette start-up qui a bénéficié de 1,5 million d’euros de Business Angels a vu s’introduire à son capital, et ce à hauteur de 20 %, la filiale express de la Poste. Elle y croit dur comme fer, puisqu’elle a mis au pot 20 millions d’euros.

 La croissance de Stuart est apparemment expresse puisqu’elle compte déjà 90 salariés, ainsi qu’une communauté qui s’approche du millier de coursiers .

 Le bon fonctionnement du concept dépend aussi de la qualité des cyclistes livreurs express. Ils sont recrutés à partir d’une lettre de motivation, puis doivent subir des tests et enfin une formation. « Sur cent candidats, nous n’en sélectionnons que vingt-cinq », décrit Pingki Houang.

 Si cette start-up réussit à s’installer dans le paysage lyonnais, cela pourrait bouleverser l’économie des professionnels qui ont leur propre flotte de scooters, comme les sociétés de livraison de pizza, par exemple.

 L’argument : « Cela leur coûterait 40 % de moins que leur coût actuel », assure le DG France de Stuart. Et d’asséner : « En plus ce n’est pas leur métier, puisque le leur est de faire de bons produits. Nous, la course express, en revanche, nous savons faire, puisque c’est notre unique métier ! »

 Autre argument : « Nous fonctionnons 7 jours sur 7, samedi et dimanche inclus, sans variation de coûts. »

 D’ores et déjà, Stuart a signé à Lyon des contrats avec King Marcel, Matsuri, Resto-In et Allo Resto, des clients que la start-up possédait déjà à Paris.

 Jean de Margerie, le directeur des opérations lyonnaises vise une implantation express dans la Métropole. Optimisme de commande ? Il faudra que ce modèle se démarque : il y a beaucoup d’acteurs sur ce marché, très disputé…