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Arrêt des matches et d’OL Land : L’Olympique Lyonnais estime son manque à gagner à 50 millions d’euros

On comprend mieux pourquoi Jean-Michel Aulas, est actuellement omniprésent dans les médias pour contester la fin de saison de Ligue 1.

Ayant à cet égard saisi la justice, et en contact avec « 7 à 8 clubs qui s’estiment mal traités », le président de l’Olympique Lyonnais entend obtenir des dommages et intérêts.

Le Club lyonnais qui vient de présenter les résultats des neuf premiers mois de son exercice 2019/2020, estime en effet qu’au final, son manque à gagner dû au Covid-19 devrait avoisiner les…50 millions d’euros d’ici au 30 juin et à la fin de la saison (hors transferts de joueurs, cependant).

Il y a bien sûr l’arrêt total de tous les matches, mais aussi celui de tous les événements qui étaient prévus au Groupama Stadium et plus largement au sein d’OL Land, le grand parc d’attraction qu’est devenu le Club lyonnais : avec l’annulation notamment de Felyn, le festival que Jean Michel Aulas avait prévu de lancer cet été et qui a été reporté à juin 2021.

Seul a continué de fonctionner pendant le confinement, le merchandising en ligne…

Déjà selon le bilan de ses neuf premiers mois d’exercice, l’OL a perdu 9 millions d’euros sur le seul mois de mars, suite au confinement décrété le 17.

Le Groupe était pourtant bien parti « pour réaliser un chiffre d’affaires record », une trajectoire que le Covid-19 a stoppé net.

Le Groupe a en effet réalisé des produits de cessions de contrats joueurs de 90,6 millions d’euros, en hausse de…133 %. Les transferts de Tanguy Ndombelé à Tottenham (47,6 M€) et de de Nabil Fékir à Séville (19,8 M€), lors du mercato estival y sont pour beaucoup.

Alors que tous les autres chiffres sont en négatifs (billetterie en baisse de 9 % par exemple), toujours à fin mars, les événements au Groupama Stadium s’affichaient encore en hausse de 9 %, grâce notamment à la Coupe du Monde féminin de Football.

Au total sur les neuf premiers mois de l’exercice et malgré le confinement, la hausse du chiffre d’affaires du Club est de 19 % à 265,7 millions d’euros.

Un plan d’économies

Pour répondre à la baisse annoncée de ses ressources, Jean-Michel Aulas a pris la décision avec son conseil d’administration de mettre en place un plan d’économies.

Il devrait se traduire par une réduction de ses charges d’exploitation de l’ordre de 35 à 40 millions d’ici au 30 juin, masse salariale comprise.

Heureusement, l’OL a du cash dans ses caisses.

Prudemment, OL Groupe s’était doté de marges manœuvres financières ayant porté, depuis mi-avril, une ligne de crédit renouvelable de 100 millions à 130 millions jusqu’au 31 août, ramenée ensuite à 115 millions jusqu’au 31 janvier 2021.

Grâce à ces réserves, au 30 avril, OL Groupe disposait d’une trésorerie globale disponible de 90 millions.

En outre, il a sollicité un Prêt Garanti par l’Etat (PGE), dispositif plafonné à 25 % du chiffre d’affaires annuel. Celui-ci s’est élevé à 309 millions d’euros pour 2018-2019.

Tous ces événements n’empêche pas Jean-Michel Aulas de rester optimiste pour l’avenir.

Si la crise sanitaire se traduit par un coup d’arrêt dans sa croissance, il « reste confiant, à date, dans sa capacité à atteindre les objectifs à horizon 2023/2024 », soit un chiffre d’affaires compris entre 420 et 440 millions d’euros, et un excédent brut d’exploitation dépassant 100 millions, à comparer à environ 77 millions pour 2018-2019.

Le Club table désormais sur une reprise des compétitions dès le mois d’août, mais probablement avec une jauge réduite à 5 000 spectateurs.. La finale de la Coupe de la Ligue contre le PSG devrait ainsi pouvoir se disputer, de même que le match retour des 1/8èmes de finale de la Champions League contre la Juventus de Turin, sachant que l’OL avait été victorieux à l’aller (1-0)

Un cours de Bourse en chute de 32 %

A cet égard, comment, vu les derniers événements, se porte le cours de Bourse de l’OL qui commençait lui aussi à reprendre quelques (petites) couleurs : mal !

Situé aux alentours de 2 euros, il est en baisse de près de 32 % depuis le 1er janvier, soit nettement plus que le CAC 40 (- 24 %).

Le retour à une situation normale le fera-t-il rebondir ? Sans doute, mais le cours de l’OL ne nous a jamais habitué aux montées en flèche dans le passé…


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