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Auvergne-Rhône-Alpes : les trains à hydrogène vont entrer en gare avec retard, mais avec Alstom Villeurbanne à bord

Alors que la SNCF planchait déjà sur le sujet du train à hydrogène depuis 2019, il a fallu attendre le plan hydrogène et ses 7 milliards d’euros du gouvernement du mois de septembre dernier, pour que soit enfin lancé enfin le TER hydrogène à la française. Il faut dire que son surcoût, face au train classique est très important : il a fallu attendre un coup de pouce de l’Etat. Sur les 12 trains hydrogène commandés par quatre régions, Auvergne-Rhône-Alpes en touchera 3. En 2025…

Faut-il y voir là aussi, comme pour les vaccins contre le Covid-19, un temps de retard en France en matière d’innovation ? Sans doute, malheureusement.

Signé Alstom, le premier train hydrogène est déjà expérimenté depuis deux ans en Allemagne, avant d’être testé en Autriche pendant trois mois sur des lignes régulières de passagers…

Les Allemands ont donc pris un train d’avance en matière d’hydrogène ferroviaire, mais ça y est quand même : les Régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie viennent de lancer ensemble la première commande de trains bi-mode électrique – hydrogène en France.

SNCF Voyageurs vient en effet de commander à Alstom, pour le compte de ces quatre Régions, douze premiers trains bi-mode électrique – hydrogène issus de la gamme Coradia Polyvalent. Sur les douze, Auvergne-Rhône-Alpes en touchera trois.

Ce train Coradia Polyvalent bi-mode électrique hydrogène a l’ambition de répondre à la mixité du réseau ferré national : il bénéficie d’une autonomie pouvant aller jusqu’à 600 km sur les portions de lignes non électrifiées.

Composé de quatre voitures, ce train de 72 mètres offre une capacité totale de 218 places assises, assorti des mêmes performances dynamiques et de confort que la version bi-mode électrique-diesel.

Une facture globale de 190 millions d’euros

La facture globale s’établit à près de 190 millions d’euros. Mais les régions ne régleront pas intégralement la facture puisque l’Etat versera dans cette affaire 47 millions d’euros au titre du plan Hydrogène du gouvernement, lancé donc en septembre dernier.

Seul bémol à cette annonce : après des essais à vide à partir de 2023, leur mise en service commercial n’est pas prévue avant…2025, selon le quotidien économique les Echos.

Ce sera après l’Allemagne et l’Italie qui ont pris de l’avance en ayant déjà commandé auparavant au même Alstom des lots de rames de trains à hydrogène, mais de type différent.

L’important site Alstom de Villeurbanne sera partie prenante à la conception de ces trains hydrogène : comptant environ 900 experts en électroniques, ce site va contribuer à ce projet en fournissant  les équipements électroniques embarqués assurant le pilotage des organes du train dont la commande de traction électrique et hydrogène, ainsi que le système d’information voyageurs.

L’enjeu économique est extrêmement important et la région devrait donc y prendre part. Il s’agit ni plus, ni moins à terme de remplacer les TER diesel fort polluants qui circulent en France et qui représentent une bonne part du parc ferroviaire : 900 trains !

Pourquoi ce retard par rapport à nos voisins allemands et italiens ? L’ancien Pdg de la SNCF, Guillaume Pépy avait bien lancé le projet, fin août 2019. Seulement, il a fallu attendre le plan hydrogène de septembre dernier pour qu’enfin, la situation se débloque. A l’époque dans le projet originel, il était question de 15 rames à pile à combustible.

Ce qui coinçait : le prix élevé du train à hydrogène, une jeune technologie et plus chère donc, au départ : 30 % de plus qu’un train diesel et 20 % plus onéreux qu’un train hybride à batteries.

Des rames à 16 millions d’euros

Si un train régional électrique classique coûte près de 6 millions d’euros l’unité, les rames commandées par les quatre régions se montent à…16 millions d’euros. On comprend dès lors l’importance du coup de pouce de l’Etat. Il faut y ajouter les bornes de recharge hydrogène qui devront être installées tout au long du réseau.

Cela prendra donc du temps pour que la région Auvergne-Rhône-Alpes qui a engagé un programme “de sauvetage de ses petites lignes”, voient sur celles-ci des trains à hydrogène. Mais ce sera peut-être un bon calcul car une récente étude du cabinet Mc Kinsey pour l’Hydrogen Council, assure qu’à terme cette technologie pourrait devenir l’une des moins chères du marché, moins encore que le gaz…

Photo (Alstom) : un train Hydrogène en cours d’essais sur une ligne ferroviaire de Basse-Saxe, en…2017…

 

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