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La morosité économique ambiante n’empêche par un certain nombre de valeurs moyennes de bondir en Bourse. Le plus souvent, mais pas toujours, la raison tient au fait qu’elles constituent des cibles. Gagner des parts de marché est actuellement difficile, il est plus aisé pour des groupes dotés de cash de les obtenir en en rachetant d’autres. C’est le cas de LVL Médical racheté par L’Air Liquide ou du projet de rachat de Lafuma par un conglomérat coréen, voire des risques d’adossement à un plus grand qu’elle, de la société Belvédère..

Morose, la Bourse ? D’abord, si le CAC 40 semble faire du sur-place depuis plus de deux ans, il faut savoir comparer les différents compartiments. De l’un à l’autre, la situation diverge.

 Or, parmi les valeurs qui se sont distinguées malgré la crise, figurent les valeurs moyennes et notamment celles appartenant à l’indice régional Rhône-Alpes.

 Le CAC Mid & Small 190 qui regroupe ces valeurs gagne ainsi plus de 14 % depuis le 1er janvier contre 10 % pour le CAC 40.

LVL Médical : + 155 %

 En tête du palmarès des plus fortes hausses, figure LVL Médical qui a connu une flambée de 155 %. Ce bond particulièrement sensible depuis le mois de juin dernier tient bien sûr à son rachat par l’Air Liquide. L’action LVL Médical s’est dans un premier temps ajustée à l’ OPRA (offre publique de rachat d’actions) lancée par l’Air Liquide au prix de 20 euros, avant de poursuivre son envolée, les cambistes escomptant des perspectives positives de ce rachat. Le titre LVL Médical dépasse désormais les 30 euros.

Lafuma : + 51 %

LVL dirigée par Jean-Claude Lavorel, figure parmi les titres qui ont bénéficié de rapprochements, ou de projets de rapprochement. Tel est aussi le cas de Lafuma, la société drômoise dirigée par Philippe Joffard, qui gagne plus de 51 % depuis un an, à la suite d’un projet de rachat par le conglomérat sud-coréen E-Land (6 milliards d’euros de chiffre d’affaires).

 Dès l’annonce de ce projet, le cours de Lafuma bondissait de 36 %. Révélés par « La Lettre de l’Expansion », les contacts étaient confirmés par Lafuma. Prudemment cependant, le spécialiste de l’outdoor assurant que pour l’heure, «  il ne s’agissait que de discussions très préliminaires, sans certitude à ce stade qu’elles aboutissent. »

 Il est vrai que le projet de cession de la société rhônalpine pourrait s’accélérer dans les mois qui viennent, la société coréenne ayant, semble-t-il, effectué une offre particulièrement alléchante pour les actionnaires de Lafuma, parmi lesquels, la Caisse des Dépôts, Fortis ou Lazard. On évoque le chiffre de 35 euros proposés, ce qui valoriserait Lafuma à 122 millions d’euros ce qui devrait se traduire, le cours s’affichant cette semaine à un peu plus de 25 euros, par une poursuite de la hausse…

 La situation actuelle de la société dont le chiffre d’affaires stagne autour de 250 millions d’euros constitue une raison supplémentaire de cette volonté de cession. Après une perte de 3,6 millions d’euros au cours de l’exercice 2010, Lafuma a réussi l’année dernière à afficher un résultat net positif de 4 millions d’euros, il est vrai au prix d’une restructuration et aussi de la cession de ses activités en Corée du Sud. Ce qui a sans doute donné quelques idées à ce conglomérat E-Land…

Belvédère : + 63 %

 Dernier exemple de société susceptible de changer d’actionnaires : celui de Belvèdère, leader des spiritueux (vodka, notamment et Marie Brizard, entre autres) dont le cours de Bourse, très erratique suite aux difficultés rencontrées par cette société ces derniers temps, a grimpé de 63 % à 52, 44 euros.

 Un plan d’apurement de passif a été proposé. Il est destiné à effacer quelque 534 millions d’euros de dette et prévoit que le groupe de spiritueux rembourse ses créanciers grâce à des cessions d’actifs.

 En cas de difficulté-de nombreux actionnaires renâclent-l’adossement à un autre groupe n’est pas du tout exclu. C’est du moins ce qu’a laissé entendre le Pdg de la société, Krzysztof Trylinsli qui dit « n’écarter aucune piste ». Une excellente raison de faire flamber le cours car si Belvédère connaît des difficultés, il recèle de véritables pépites.

 Toutes ces hausses ne proviennent heureusement pas que de mouvements sur le capital des sociétés. La dynamique interne des entreprises explique aussi souvent l’envol de leur cours : c’est notamment le cas de la société lyonnaise Akka Technologies qui recèle un important potentiel de croissance et de rentabilité à l’international, notamment en Allemagne après une belle opération de croissance externe.

 TableauLe top vingt des valeurs régionales cotées en Bourse ayant le plus progressé depuis un an (sources : le site lyonnais ZoneBourse).