Toute l’actualité Lyon Entreprises

CETIAT : une année 2025 sous tension avant un virage en 2026

Basé à Villeurbanne, le CETIAT, centre technique de référence pour les industries aérauliques et thermiques, a traversé une année 2025 marquée par un net ralentissement de son activité. Avec un chiffre d’affaires en recul à 13,5 millions d’euros, l’organisme illustre les difficultés actuelles de toute une filière, tout en préparant activement son repositionnement sur les enjeux énergétiques de 2026.

Un ralentissement qui reflète la crise du bâtiment et de l’énergie

L’année 2025 s’inscrit dans un contexte défavorable pour l’ensemble de la filière. Le marché du neuf reste atone, tandis que la rénovation peine à redémarrer malgré un léger rebond en fin d’année. Conséquence directe : certaines technologies clés, comme les pompes à chaleur air/eau, continuent de reculer, avec environ 180 000 unités vendues en 2025 contre 355 000 en 2022.

Au-delà de la conjoncture, c’est aussi l’instabilité des politiques publiques qui freine les investissements. « Les aides MaPrimeRénov’ ont connu 14 versions en deux ans. Cette instabilité crée une véritable difficulté de compréhension et freine les décisions », souligne Yves Fanton d’Andon, président du CETIAT.

Dans ce contexte, le centre technique enregistre un recul de ses activités, notamment sur les études liées à la décarbonation industrielle, tandis que la formation chute fortement, impactée par la baisse des parcours certifiants dans le secteur du bâtiment.

Des investissements maintenus pour préparer la transition énergétique

Malgré ce contexte, le CETIAT poursuit sa stratégie d’investissement avec près de 900 000 euros engagés en 2025 pour moderniser ses capacités d’essais et accompagner les évolutions technologiques. L’objectif : rester un acteur clé de la transition énergétique, en travaillant notamment sur les pompes à chaleur collectives ou les biocombustibles.

Le centre technique est également impliqué dans plusieurs projets structurants à l’échelle régionale, comme le projet DECLYC, en lien avec la Vallée de la Chimie, visant à optimiser la ventilation industrielle tout en réduisant la consommation énergétique.

« La trajectoire de décarbonation de l’industrie est en panne », alerte Pierre Claudel, directeur général du CETIAT, pointant le report de nombreux investissements face aux incertitudes économiques et géopolitiques.

2026 en ligne de mire, entre politiques publiques et nouveaux marchés

Pour 2026, le CETIAT vise un chiffre d’affaires en légère progression à 13,8 millions d’euros, avec un niveau d’investissement maintenu autour d’un million d’euros. L’organisme entend jouer un rôle central dans la mise en œuvre des politiques publiques, notamment via le programme PRODICEE piloté par l’ADEME, qui vise à optimiser les dispositifs de certificats d’économie d’énergie dans l’industrie.

Autre axe structurant : la montée en puissance des solutions liées aux pompes à chaleur, avec la création du CEPAC, un centre d’expertise dédié à leur déploiement à grande échelle.

Pour les acteurs économiques, le message est limpide : la transition énergétique reste un marché d’avenir, mais sa concrétisation dépend étroitement de la stabilité des règles et de la capacité des industriels à investir. Dans ce paysage, des structures comme le CETIAT jouent un rôle d’amortisseur, entre recherche appliquée, accompagnement technique et structuration de filière.