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Couvre-feu à lyon, tous s’apprêtent à souffrir, s’adaptent, mais chaque restaurant est un cas particulier

Le couvre-feu pourrait annoncer dans les restaurants le retour du mâchon lyonnais dés potron minet. La plupart des 3 500 restaurants de la métropole expliquent qu’ils vont tenter de s’adapter, sachant que cela sera compliqué et pas bon de toute façon pour le tiroir caisse. Les prochains jours seront en tout cas décisifs dans cette configuration totalement inusitée…

Couvre-feu oblige, à Lyon, depuis le samedi 17 octobre,, les soirées au restaurant doivent être écourtées, ce qui provoque la colère des restaurateurs, on le conçoit aisément après toutes les difficultés qu’ils viennent de connaitre. Mais pour la plupart, ils s’adaptent

Tous se posent la même question : rester ouvert le soir, au risque d’alourdir ses pertes, ou non ?

En fait, au sein de la galaxie restauratrice lyonnaise, tout dépend du positionnement de chacun.

Certains ont annoncé, dépités, sous le coup de la colère, qu’ils fermeraient. Reste à savoir ce qu’ils feront effectivement.

Pas de problème pour les restaurants situés dans des zones riches en salariés à midi et qui font l’essentiel de leur chiffre d’affaires dans la journée. Ils continueront à travailler, même si la clientèle a diminué.

Pour d’autres qui travaillent essentiellement le soir, celà va être plus compliqué. Mais la plupart ont décidé d’adapter leurs horaires, tout en ayant conscience que la perte de chiffre d’affaires sera de toute façon conséquente.

Ainsi par exemple, le restaurant “Le Rustique” de Maxime Laurenson, situé rue d’Enghien, dans le 2ème arrondissement de Lyon a décidé de changer complétement son fusil d’épaule. Il n’était ouvert que le soir. Il a donc fallu appeler un à un tous les clients qui avaient déjà réserver…

Le Ninkasi s’attend à perdre  50 % de chiffre d’affaires

Il ne sera désormais ouvert qu’à midi, proposant seulement une formule à emporter pour le soir.

Le patron des brasseries Ninkasi qui draine une clientèle jeune et étudiante, s’attend, lui, à voir son chiffre d’affaires chuter de…50 %. “En septembre nous étions bien repartis, même si la fréquentation a fléchi ensuite. Mais comme nous faisons en moyenne 75 % de notre chiffre d’affaires le soir, on peut penser que notre baisse de chiffre d’affaires va s’établir à – 50 %”

Du côté du “Café du Peintre”, un bouchon situé aux Brotteaux, on veut envers et contre tout garder le moral : “Nous restons positifs, optimistes et joyeux !” lancent ses dirigeants.

Le retour du mâchon lyonnais…

Le restaurant va donc ouvrir dès 8 h 30 : “ Nous proposons le mâchon lyonnais depuis onze ans et il semblerait que cette tradition conviviale et chaleureuse pourrait redevenir à la mode pour les prochains temps…” Rappelons que le “mâchon” était destiné aux canuts qui après avoir travaillé toute une nuit trouvaient le réconfort des papilles à petits prix dans les restaurants, le tout arrosé d’un bon pot de beaujolais.

Ainsi, “le Café du peintre” met en place en outre des horaires « Spécial Couvre-feu », en ouvrant, du lundi au vendredi de 18 h à 20 h. “De quoi se restaurer et se détendre avant de rentrer dans ses foyers…”

Il mettra en outre en vente “ de jolis flacons à prix caviste, “afin d’irriguer les neuf heures de « couvre-feu » !”

Idem pour Florent Poulard, chef propriétaire de Monsieur P., un restaurant très tendance actuellement qui annonce dans “La Tribune” une nouvelle organisation. Il propose lui aussi  « une petite formule de 18h à 19h, sans entrées » et fermera à 20h30.

Et d’ajouter cependant sans grand enthousiasme : « Mais si on fait dix couverts à 20 euros, c’est plus rentable de fermer que d’être mi-ouverts ; on verra si c’est viable en fin de semaine prochaine ».

Il est vrai que ce restaurant n’a pas eu le temps de trouver son assise économique : il n’a ouvert le 5 février 2020, cinq semaines avant le confinement…

Même démarche d’aménagement des horaires chez les étoilés.

Christian Têtedoie installé sur la colline de Fourvière (1 étoile) va désormais commencer son service à 18 heures.

Mathieu Vianney, le chef de la Mère Brazier, rue Royale (2 étoiles et promis sans doute un jour ou l’autre à une 3ème), va, lui, proposer son service de 18 h 45 à 20 h 45.

Reste désormais à savoir si les mesures du gouvernement destinées à soutenir les indépendants qui vont sérieusement souffrir du couvre-feu, seront suffisantes ?

Les prochains jours seront décisifs

Les prochains jours seront décisifs pour savoir qui restera effectivement ouvert.

Les restaurateurs vont devoir se livrer à des calculs serrés pour savoir s’ils ont intérêt ou non à poursuivre leur activité tant que le couvre-feu restera en vigueur, c’est-à-dire de quatre à six semaines. En effet dans la plupart des établissements, notamment étoilés, le dîner est le repas le plus rentable de la journée.

Pour combler le trou dû aux mesures prises, il ne restera plus, comme lors du confinement que les livraisons à domicile qui, elles, pourront continuer après 21 heures : le premier ministre, Jean Castex a en effet précisé que les restaurants la pratiquant pourront rester ouverts dans ce cadre, après 21 heures.

Après que les organisations syndicales ont sonné le tocsin, de nouvelles mesures ont été annoncées par le ministre de l’économie, Bruno Le Maire.

Ainsi, dans les villes sujettes au couvre-feu, les restaurants pourront bénéficier du fonds de solidarité allant jusqu’à 100 000 euros par mois, dès la perte de 50 % du chiffre d’affaires ; ainsi qu’à l’exonération totale des cotisations patronales.

Reste encore du flou pour les loyers, les congés payés et les assurances, jugées cruciales par la pression : le ministre a assuré qu’elles feraient l’objet “de discussions et de mesures”.

Mais malgré tout cela, après toutes les contraintes vécus depuis le 17 mars, la profession s’interroge : combien d’établissements pourront tout bonnement survivre, d’ici l’année prochaine…

Photo : Le “Café du peintre” aux Brotteaux veut remettre le mâchon lyonnais au goût du jour, dès 8 h 30…

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