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Crédit Agricole Centre-Est : Raphaël Appert craint les conséquences des mesures de régulation annoncées

Comme la grande majorité des banques, le Crédit Agricole Centre-Est s’est refait une santé d’après-crise, l’année dernière. Si le résultat net de la banque recule de 1,5 %, celui du groupe progresse de 13 %. Désireuse d’aller de l’avant, la banque verte va ouvrir cette année trois nouvelles agences : à Lyon, Mâcon et dans le Pays de Gex. Il reste que son Directeur général, Raphaël Appert, s’inquiète des prochaines contraintes décidées par Bruxelles en matière de liquidité : « Elle pourraient avoir des incidences sur le volume et les prix des crédits tant aux particuliers qu’aux professionnels. »

L’année dernière à même époque, Raphaël Appert, fraîchement promu Directeur général du Crédit Agricole Centre-Est avait pronostiqué un « développement du crédit en 2010 de 10 % ». A l’heure du bilan 2010, les crédits ont en réalité bondi de …26 %, soit 3,56 milliards d’euros injectés dans les six départements couverts par la Banque (*). « Nous n’avons jamais fait autant de crédits ! C’est pour nous une année historique », se félicite le patron de la Banque verte.

Ce chiffre illustre, à l’instar de nombreux établissements bancaires, l’étonnante bonne santé d’après-crise des banques de détail. Il est vrai qu’elles avaient été dans l’ensemble beaucoup moins touchées par la crise que les banques d’affaires. Ainsi, en 2009, les crédits avaient quand même crû de 7,3 % au Crédit Agricole Centre-Est.

Les autres données des résultats 2010 du Centre-Est sont à l’avenant. Le Produit Net Bancaire de la Banque (son chiffre d’affaires) s’est établi à 716,7 millions d’euros, en hausse de 1,7 %. Ce qui lui a permis d’afficher des fonds propres en hausse de 5 % à 123,5 millions d’euros.

A l’arrivée, cependant, le résultat net de la Banque verte s’établit à 232,8 millions d’euros, en recul de 1,5 %. Comment l’expliquer ? Pour près de 10 millions d’euros par un effort d’investissement informatique très important : toutes les caisses régionales du Crédit Agricoles sont en train d’investir dans un outil informatique unique d’un coût global de 480 millions d’euros ! Il faut aussi soustraire du résultat net 13 millions d’euros d’impôts (le Crédit Agricole a versé l’année dernière 106 millions d’euros d’impôt sur les sociétés) et de taxes diverses.

Mais en consolidé, en additionnant l’ensemble des filiales, tel que le pôle immobilier Square Habitat qui a fêté l’année dernière son premier bénéfice depuis sa création (900 000 euros) ou la société d’investissement pour PME, Calixte (+ 200 000 euros), le résultat net du Groupe Centre-Est est à la hausse : + 13 % avec de solides fonds propres de 2, 890 milliards d’euros.

Ces chiffres s’expliquent notamment, selon Raphaël Appert par le dynamisme commercial de la banque qu’il dirige. Et d’annoncer que le Crédit Agricole Centre-Est a gagné l’année dernière 12 200 clients, portant leur nombre total à 1,19 milliard, ce qui en ferait la première banque de détail de sa zone avec près de 25 % de part de marché pour les particuliers et les professionnels.

Ce qui amène la banque à poursuivre le maillage de son territoire. Après une pause due à la crise, les ouvertures reprennent. Trois nouvelles agences devraient voir le jour cette année : à Lyon, à Mâcon et dans le Pays de Gex.

Bref, tout baignerait dans le meilleur des mondes bancaires possibles si quelques nuages n’apparaissaient pas à l’horizon, selon le Directeur général.

Chacun sait que la terrible crise financière que nous avons vécue a amené les Etats à accentuer la régulation. Celle-ci en Europe répond au doux nom de « Bâle III ». Or, selon Raphaël Appert, les contraintes supplémentaires qui vont porter sur les fonds propres ne lui font pas peur, d’autant que 90 % du résultat net de la Banque Verte est justement basculé dans ces mêmes fonds propres. Non, ce qui l’inquiéte beaucoup plus, ce sont les contraintes qui s’annoncent en matière de liquidité. « Nous risquons, en la matière, de devoir nous refinancer auprès des marchés, ce qui aura un coût qui pourrait avoir des incidences sur nos volumes et nos prix en matiére de crédits, tant en direction des particuliers que des professionnels », décrit le Directeur général. Le joli bond des crédits enregistré l’année dernière pourrait bien, dans ce cas, ne pas être réédité…

(*) Le Crédit Agricole Centre-Est est présent sur six départements : la Saône-et-Loire, le Rhône, le Nord-Isère, l’Ain, la Drôme et l’Ardèche.

Photo (DR)-Raphaël Appert, Directeur général du Crédit Agricole Centre-Est : « Des incidences sur les volumes et les prix des crédits… ».

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