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Emploi : la région Auvergne-Rhône-Alpes résiste malgré un net ralentissement

Le marché de l’emploi marque le pas en ce début 2026. Selon le dernier baromètre publié par Hellowork, les offres reculent au premier trimestre, y compris en Auvergne-Rhône-Alpes. La région limite toutefois la baisse et confirme sa place de deuxième moteur national.

Un ralentissement qui se confirme début 2026

Le début d’année 2026 s’inscrit dans la continuité d’un marché de l’emploi en perte de vitesse. Au total, 2,4 millions d’offres ont été diffusées au premier trimestre en France, soit un recul de 4,6 % par rapport à la fin 2025.

La dynamique se dégrade progressivement depuis plusieurs trimestres, mais le coup de frein est plus marqué en ce début d’année. Le mois de janvier apparaît comme un point bas, avant une stabilisation relative en février et mars.

Dans ce contexte, les entreprises adoptent une posture plus prudente. Elles ajustent leurs recrutements face à un manque de visibilité économique et prolongent les arbitrages engagés en 2025.

Une région plus résiliente que la moyenne nationale

L’Auvergne-Rhône-Alpes fait preuve d’une résistance relative. Sur le trimestre, la baisse des offres y est limitée à 3 %, contre 6 % en Île-de-France.

Avec 14,3 % des offres nationales, la région reste le deuxième bassin d’emploi du pays, derrière l’Île-de-France. L’écart entre les deux territoires tend même à se réduire dans ce contexte de ralentissement.

Cette résilience s’explique notamment par le poids de certains secteurs structurellement porteurs, en particulier les services à la personne, qui continuent de soutenir la demande.

Des recrutements plus prudents et plus flexibles

Dans le détail, les entreprises revoient leurs stratégies de recrutement. Le CDI enregistre la baisse la plus marquée, avec un recul de 6 %, traduisant une prudence accrue sur les engagements à long terme.

L’intérim recule également, mais dans une moindre mesure, confirmant son rôle d’ajustement en période d’incertitude. Les CDD suivent la même tendance, avec un repli global malgré un léger rebond en cours de trimestre.

Seule l’alternance tire son épingle du jeu, avec une légère progression. Un signal qui traduit un maintien des besoins en formation, malgré un contexte global moins favorable.

Des secteurs sous pression, d’autres toujours en tension

Le ralentissement touche désormais une grande partie des métiers. L’industrie, le BTP ou encore les fonctions commerciales poursuivent leur repli, dans un contexte de baisse d’activité.

Fait notable, les fonctions support comme la comptabilité ou la gestion commencent à leur tour à décrocher, signe d’un ajustement plus large des entreprises.

À l’inverse, certains secteurs restent dynamiques. La santé et le social continuent de recruter, tout comme les métiers liés aux services à la personne, qui concentrent une part importante des besoins.

Dans les profils les plus recherchés, les auxiliaires de vie, aides à domicile ou encore infirmiers confirment leur place centrale sur le marché.

L’IA continue de transformer les besoins en compétences

En parallèle, une tendance de fond se poursuit. Les offres d’emploi intégrant des compétences en intelligence artificielle ont été fortement multipliées ces dernières années.

Cette dynamique reste toutefois concentrée sur certains territoires et secteurs, notamment l’informatique et la data, qui concentrent l’essentiel des besoins.

Pour les entreprises, l’enjeu est désormais double. Adapter les volumes de recrutement à un contexte plus incertain, tout en intégrant de nouvelles compétences clés liées aux transformations technologiques.

Dans ce paysage, l’Auvergne-Rhône-Alpes confirme sa solidité. Moins exposée que d’autres régions, elle apparaît comme un territoire capable d’amortir le ralentissement, sans pour autant y échapper totalement.