Emploi en Rhône-Alpes : une fin d’année 2025 sous tension
Les derniers chiffres de l’Urssaf confirment un ralentissement du marché de l’emploi en Rhône-Alpes. Au quatrième trimestre 2025, les effectifs salariés privés reculent légèrement sur un an. Derrière cette stabilité apparente, les disparités sectorielles et territoriales traduisent une économie régionale en phase d’ajustement.
Un léger repli des effectifs malgré une base solide
La région compte environ 2,2 millions de salariés à fin 2025. Sur un an, les effectifs affichent une quasi-stagnation, avec une évolution proche de 0 %, dans la continuité d’une perte nette de 2 170 postes observée sur la période.
Le Rhône concentre l’essentiel des suppressions d’emplois. Ce recul, même limité, pèse sur la dynamique régionale compte tenu du poids économique du territoire, notamment dans les services et les fonctions tertiaires.
Des dynamiques sectorielles très contrastées
Dans le détail, certains secteurs restent orientés à la hausse. La production et distribution d’énergie progresse de 2,3 %, portée par les enjeux de transition énergétique. L’intérim suit avec une hausse de 1,9 %, un indicateur souvent révélateur des ajustements opérés par les entreprises. L’hébergement-restauration enregistre aussi une progression de 1,2 %, soutenue par l’activité touristique et les services associés.
À l’inverse, plusieurs filières décrochent nettement. L’industrie chimique chute de 4,1 %, tandis que les secteurs de l’habillement, du textile et du cuir reculent de 3,7 %. Le bois-papier baisse également de 3,2 %, signe de tensions persistantes dans certaines activités industrielles traditionnelles.
À l’échelle des grands secteurs, l’industrie recule de 0,6 % et la construction de 1,5 %. Les services hors intérim résistent mieux, avec une légère hausse de 0,2 %.
Des écarts marqués selon les départements
La photographie régionale reste contrastée. Si le Rhône tire l’ensemble vers le bas, d’autres départements s’en sortent mieux. La Savoie, la Haute-Savoie, l’Ain et la Drôme enregistrent une progression de leurs effectifs, preuve que la conjoncture ne frappe pas tous les territoires de la même manière.
Ces écarts traduisent des réalités économiques différentes selon les bassins d’emploi, entre métropole lyonnaise plus exposée aux cycles de l’industrie et du tertiaire, et départements soutenus par des activités plus diversifiées ou par le tourisme.
Un indicateur à surveiller pour 2026
Pour les dirigeants, cette photographie de fin d’année appelle à la vigilance. Le marché de l’emploi privé reste globalement stable, mais la dynamique s’essouffle. Les entreprises devront probablement rester prudentes sur leurs recrutements dans les prochains mois, en particulier dans les secteurs déjà en tension.
Ce léger recul ne traduit pas un décrochage brutal, mais plutôt une phase d’attentisme. Toute la question est désormais de savoir si 2026 confirmera ce ralentissement ou permettra un rebond de l’emploi régional.
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