Entrepreneuriat : l’envie progresse, les freins restent psychologiques
Selon une étude OpinionWay réalisée pour CCI France et le Medef à l’occasion de GO Entrepreneurs 2026, près d’un Français sur trois envisage de créer une entreprise. Un niveau inédit depuis la crise sanitaire. Mais derrière cet élan, les principaux freins ne sont plus seulement économiques : ils sont aussi culturels et psychologiques.
Un retour marqué de l’envie d’entreprendre
L’entrepreneuriat continue de séduire. 29 % des Français déclarent envisager de créer ou reprendre une entreprise, soit près de 15,7 millions de personnes. Ce niveau retrouve celui d’avant-crise, confirmant une dynamique engagée depuis plusieurs années.
Plus significatif encore, plus de la moitié de ces futurs entrepreneurs potentiels souhaitent se lancer dans les deux prochaines années. Cette projection traduit une accélération des intentions, notamment chez les jeunes actifs.
Dans cette dynamique, l’ancrage territorial reste déterminant. 83 % des Français privilégieraient la France pour entreprendre, avec une forte logique de proximité. L’Auvergne-Rhône-Alpes figure d’ailleurs parmi les régions les plus attractives, au même niveau que la région Sud.
Des freins qui dépassent la seule question financière
Si l’envie est là, le passage à l’acte reste largement entravé. 74 % des Français identifient au moins un frein à l’entrepreneuriat.
Le premier reste économique, avec la peur de l’instabilité financière citée par 53 % des répondants. Mais l’étude met surtout en lumière des obstacles plus diffus.
Près d’un tiers des Français estiment ne pas être “faits pour entreprendre”. 20 % pensent qu’il faut nécessairement tout quitter pour se lancer, tandis que 18 % attendent d’avoir un projet parfait avant de démarrer.
Ces représentations traduisent une vision exigeante, voire paralysante, de l’entrepreneuriat.
Le poids des représentations et du manque de confiance
L’un des enseignements majeurs de l’étude réside dans la dimension psychologique des freins. 63 % des Français considèrent que l’entrepreneuriat est réservé à des profils “très performants”.
Dans le même temps, 57 % reconnaissent que la peur de ne pas être à la hauteur les empêche de se lancer. Chez les jeunes, ce phénomène est encore plus marqué, avec un sentiment d’illégitimité renforcé.
Ce décalage entre envie et confiance explique en partie pourquoi une part importante des projets ne se concrétise jamais.
Une vision renouvelée de la performance entrepreneuriale
L’étude met également en évidence une évolution des critères de réussite. La performance entrepreneuriale ne se limite plus à la rentabilité.
Pour 49 % des Français, elle repose d’abord sur la créativité et la capacité à innover. L’épanouissement personnel arrive presque au même niveau, devant des indicateurs plus traditionnels comme le revenu.
78 % des répondants souhaitent même intégrer des critères extra-financiers dans l’évaluation d’une entreprise, comme la satisfaction client, la résilience ou l’utilité du produit.
Plus de la moitié des Français se disent prêts à gagner moins pour exercer une activité à impact.
Un enjeu clé pour les territoires et les acteurs économiques
Pour les acteurs économiques, ces résultats posent un enjeu clair. L’entrepreneuriat ne se limite plus à un sujet de financement ou de simplification administrative.
Il devient aussi un enjeu d’accompagnement humain, de pédagogie et de valorisation des parcours.
Dans des territoires comme l’Auvergne-Rhône-Alpes, où la création d’entreprise est un levier clé de dynamisme économique, la capacité à lever ces freins psychologiques pourrait conditionner la transformation réelle de ce potentiel en entreprises concrètes.
Autrement dit, le vivier est là, reste à sécuriser le passage à l’acte.
![Lyon Entreprises [LE]](https://www.lyon-entreprises.com/wp-content/uploads/2024/05/cropped-logo-le-nm-260x100-noir.png)