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Fraude à l’IA : les entreprises largement dépassées par les cybercriminels

Selon une étude mondiale menée par l’ACFE (Association of Certified Fraud Examiners) et SAS Institute, seules 7 % des organisations se considèrent réellement prêtes à faire face aux fraudes dopées à l’intelligence artificielle. Un décalage qui s’accélère avec la montée en puissance des deepfakes et de l’IA générative.

Une industrialisation des fraudes portée par l’IA

L’étude repose sur les réponses de plus de 700 professionnels de la lutte contre la fraude à travers le monde. Le constat est clair : les cybercriminels prennent une longueur d’avance en intégrant rapidement les nouvelles technologies.

Parmi les menaces, l’ingénierie sociale via deepfake connaît la plus forte progression, citée par 77 % des répondants. Les arnaques aux consommateurs et la falsification de documents générés par IA suivent de près.

À court terme, plus d’un professionnel sur deux anticipe une nouvelle accélération de ces pratiques, confirmant une tendance structurelle.

Un retard préoccupant côté entreprises

Face à cette montée en puissance, les organisations peinent à s’adapter. Seules 7 % se disent réellement préparées à détecter ou prévenir ces nouvelles formes de fraude.

Si l’adoption de l’IA progresse, elle reste encore limitée. 25 % des organisations utilisent aujourd’hui des outils d’IA ou de machine learning dans leurs dispositifs antifraude, et un peu plus d’un quart prévoit de s’équiper dans les prochaines années.

Mais le principal point de faiblesse reste la gouvernance. 82 % des entreprises jugent l’explicabilité des modèles essentielle, alors que seulement 6 % sont capables d’expliquer réellement les décisions prises par leurs systèmes.

Des contraintes qui freinent la montée en puissance

Les investissements progressent, mais restent contraints. Plus de la moitié des organisations prévoit une hausse des budgets dédiés à la lutte contre la fraude, mais 84 % évoquent encore des freins budgétaires.

Ce décalage crée un avantage structurel pour les fraudeurs, qui déploient rapidement de nouvelles technologies sans contraintes organisationnelles.

« La fraude évolue plus vite que la capacité des organisations à s’en défendre », souligne John Gill, président de l’ACFE.

Un enjeu stratégique pour les entreprises

Au-delà de la cybersécurité, la question devient stratégique. Les fraudes dopées à l’IA exposent les entreprises à des risques financiers, juridiques et réputationnels croissants.

L’étude met en évidence une transformation rapide des technologies utilisées. L’IA générative, la biométrie ou encore les systèmes autonomes s’imposent progressivement dans les dispositifs antifraude.

Dans ce contexte, la capacité à agir rapidement devient un facteur clé. Les entreprises doivent non seulement investir dans les outils, mais aussi adapter leur gouvernance et leurs processus pour suivre le rythme.

La question n’est plus de savoir si ces technologies doivent être adoptées, mais à quelle vitesse les organisations sont capables de les intégrer.