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Le spécialiste français du petit électroménager, propriétaire des marques Moulinex, Tefal et Rowenta, a annoncé mercredi 25 février un plan d’économies mondial pouvant aller jusqu’à 2 100 suppressions de postes. En France, jusqu’à 500 emplois pourraient être concernés, principalement sur la base du volontariat.

Pour le territoire lyonnais, l’annonce a une résonance particulière : le siège social du groupe, situé à Écully, en périphérie de Lyon, figure parmi les entités potentiellement impactées.

Un plan mondial pour « retrouver une trajectoire de croissance rentable »

Présenté aux organisations syndicales en marge des résultats 2025, ce plan vise à « redresser la rentabilité » après ce que la direction qualifie « d’accident » survenu en 2025.

Le groupe explique vouloir s’adapter à une concurrence internationale jugée « plus rapide et plus intense », notamment asiatique, et à une transformation profonde des cycles d’innovation et de la relation aux consommateurs.

Au total, jusqu’à 2 100 postes pourraient être supprimés dans le monde, soit environ 7 % des effectifs. En Europe, 1 400 postes seraient concernés, dont potentiellement 500 en France. Hors Europe, 700 postes seraient répartis entre plusieurs pays, notamment l’Égypte, la Turquie ou le Brésil.

En France : les fonctions support principalement touchées

La direction assure qu’en France, la production ne sera pas concernée et qu’il n’y aura pas de départs contraints. Les suppressions envisagées cibleraient principalement les activités tertiaires et support : finance, ressources humaines, logistique, marketing ou encore développement produit.

Sept entités juridiques seraient concernées, dont les sites de Pont-Évêque (Isère), Mayenne (Mayenne), Rumilly (Haute-Savoie) et le siège d’Écully (Rhône).

L’intelligence artificielle devrait jouer un rôle dans ces rationalisations, notamment dans les métiers du marketing et des fonctions support, dans une logique d’optimisation des frais de structure.

Des résultats 2025 contrastés

En 2025, le chiffre d’affaires du groupe a reculé de 1,2 %, à 8,17 milliards d’euros. Le bénéfice net a progressé de 5,6 %, à 245 millions d’euros. Une hausse en trompe-l’œil, puisque l’exercice 2024 avait été marqué par une amende de près de 190 millions d’euros infligée par l’Autorité de la concurrence, ce qui rend la comparaison favorable.

Le résultat opérationnel, lui, a chuté de 25 %, pénalisé notamment par des difficultés aux États-Unis et un environnement commercial perturbé par les droits de douane.

À moyen terme, le groupe vise un retour à une croissance organique annuelle de 5 %, avec une marge opérationnelle de 10 %, contre 7,4 % en 2025.

Un enjeu stratégique pour l’écosystème lyonnais

Pour la métropole lyonnaise, où le groupe est historiquement implanté, cette annonce interroge sur l’évolution des grands sièges industriels face à la pression concurrentielle mondiale.

Si la production française est officiellement préservée, le recentrage sur les fonctions support et l’intégration accrue de l’intelligence artificielle témoignent d’une mutation structurelle des grands groupes industriels, y compris sur le territoire Auvergne-Rhône-Alpes.

Le titre du groupe a d’ailleurs bondi de plus de 10 % à la Bourse de Paris dans les premiers échanges suivant l’annonce, signe que les marchés saluent la volonté de restaurer la rentabilité.

Pour l’économie lyonnaise, l’enjeu dépasse le seul volume d’emplois concernés : il s’agit aussi de mesurer la capacité des grands acteurs historiques à se réinventer, tout en maintenant un ancrage territorial fort.