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Les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel. Il en est de même dans le domaine de l’immobilier. Après deux années exceptionnelles 2016 et 2017, l’année 2018 devrait marquer en matière immobilière un point d’inflexion à la baisse. Les planètes ne sont plus alignées : les taux sont à la hausse, les appartements commencent à manquer faute de construction neuves en nombre suffisant et le PLU-H ne devrait voir le jour qu’en fin d’année, provoquant l’attentisme de certains maires…

Tous produits immobiliers confondus, 6 186 logements ont été réservés l’année dernière dans la Métropole lyonnaise. L’un des plus hauts niveaux de ces dernières années, mais néanmoins aussi, une baisse par rapport à 2016 (- 14 %). Le freinage est perceptible sur les derniers mois de l’année 2017.

Ainsi en 2017, 5 191 nouveaux logements ont été mis à la vente contre 6 715 en 2016, soit, là, une baisse de 22 %.

La durée de vente de l’offre disponible est désormais de neuf mois, alors qu’il faudrait douze mois pour que le marché soit bien équilibré.

Moins de logements, mais toujours une forte demande. Les acquéreurs qu’ils achètent pour leur propre compte ou qu’ils soient investisseurs savent que le temps de taux bas sont comptés.

Ils ne sont pas les seuls puisque les bourses ont plongé ces derniers jours en prenant conscience du risque.

Les agences immobilières sont toujours aussi sollicitées. Un record.

D’où une raréfaction de l’offre qui pourrait bien s’accentuer en 2018. « Pour l’année 2018, le principal indicateur à surveiller sera celui du renouvellement de l’offre immobilière. Ce dernier sera indispensable pour éviter une pénurie de logements et donc une incapacité à répondre à la demande, avec le risque évident de hausse des prix…», explique Eric Verrax, le président de l’Observatoire immobilier du CECIM.

Lyon, quatrième ville de France la plus chère

L’année dernière, les prix ont déjà augmenté plus que l’inflation sur la Métropole lyonnaise : + 2,5 %, portant le prix moyen du neuf de 4 116 euros/m2 à 4 218 euros. Lyon est désormais la quatrième ville la plus chère en France.

Autre frein que le marché de l’immobilier pourrait rencontrer : le PLU-H (Plan Local d’Urbanisme- et de l’Habitat), qui, selon Michel Le Faou, adjoint à l’urbanisme à la Métropole de Lyon devrait être adopté à la fin de cette année. « Un certain nombre de maires de la Métropole pourraient jouer l’attentisme en attendant son adoption », reconnaît-il.

Restent plusieurs éléments positifs cependant : la prolongation du dispositif Pinel jusqu’en 2021, apprécié des investisseurs devrait permettre à ceux-ci à continuer à acheter pour louer Ainsi l’année dernière, les investisseurs privés ont représenté dans la Métropole 35 % des réservations.

Autre paramètre positif : le maintien du Prêt à Taux Zéro constitue, selon les professionnels, « un signal positif pour les primo-accédants », toujours très nombreux. D’autant que, c’est la caractéristique du marché immobilier de la Métropole lyonnaise, il présente une palette de produits immobiliers et donc de prix, apte à séduire une large gamme de clientèle, de 2 000 à 8 000 euros le mètre carré.

La crainte des professionnels est que petit à petit le marché s’enraye. Ce n’est pas encore le cas puisque l’on sort de deux années exceptionnelles et que le marché se situe encore à un haut niveau, mais la prudence doit être désormais être de mise…