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Industrie : l’État renforce son accompagnement en Auvergne-Rhône-Alpes

Première région industrielle française avec plus de 500 000 emplois industriels, Auvergne-Rhône-Alpes reste confrontée à un environnement économique tendu, alors même que plusieurs investissements majeurs sont en préparation. L’État annonce un renforcement de son accompagnement autour de trois priorités : accélérer les projets industriels, répondre aux difficultés de recrutement et mieux coordonner le dialogue avec les différentes filières.

18 grands projets industriels placés sous surveillance renforcée

Réunis autour d’Étienne Guyot, préfet du Rhône et de la région Auvergne-Rhône-Alpes, les services de l’État ont notamment identifié 18 Grands Projets Stratégiques présentant une dimension nationale ou européenne.

Ces dossiers doivent bénéficier d’un suivi destiné à identifier plus tôt les obstacles susceptibles de ralentir les investissements, qu’ils soient liés aux autorisations, au foncier, à l’environnement ou à la coordination entre administrations.

La région a par ailleurs bénéficié de 7 milliards d’euros de crédits France 2030, ce qui la place au deuxième rang national des territoires bénéficiaires du programme. Elle compte également 25 Territoires d’industrie destinés à structurer les écosystèmes industriels locaux.

Le foncier constitue un autre axe de travail. Une nouvelle campagne de labellisation de sites industriels « clés en main » a été engagée en 2026, avec six candidatures. L’objectif est de proposer aux investisseurs des terrains sur lesquels une partie des contraintes liées à l’urbanisme, à l’environnement et à l’aménagement a déjà été anticipée.

Parmi les sites déjà labellisés figurent Givors Industrie, la ZAC Lybertec à Belleville-en-Beaujolais et le Parc industriel de la Plaine de l’Ain à Saint-Vulbas.

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59 % des recrutements industriels considérés comme difficiles

Le deuxième chantier porte sur les compétences. Malgré le ralentissement de l’économie, les industriels continuent de recruter mais rencontrent des difficultés pour attirer et fidéliser certains profils. 59 % des projets de recrutement dans les vingt principales filières industrielles régionales sont ainsi considérés comme difficiles.

Les services de l’État, le rectorat, la Région, les acteurs du réseau pour l’emploi, les chambres de commerce, les organisations patronales, les branches professionnelles et les opérateurs de compétences doivent renforcer leurs actions autour de l’orientation, de la formation et de l’attractivité des métiers industriels.

L’État souhaite également instaurer un dialogue plus régulier avec chacune des grandes filières présentes en Auvergne-Rhône-Alpes. Ces rencontres doivent déboucher sur des plans d’action permettant de suivre les difficultés rencontrées par les entreprises et les projets nécessitant une mobilisation particulière des administrations.

Un dispositif spécifique doit enfin être construit pour les projets de data centers. Leur développement soulève simultanément des questions de disponibilité foncière, d’alimentation électrique, de consommation d’eau, d’environnement et d’intégration dans les territoires, ce qui pousse l’État à préparer une méthode de travail interministérielle.

« L’industrie régionale dispose d’atouts considérables, mais elle traverse aussi une période de fortes tensions. Notre responsabilité est d’être au plus près des entreprises et des territoires », souligne Étienne Guyot.

Les prochaines étapes permettront surtout de mesurer la portée opérationnelle de cette nouvelle méthode : sélection des nouveaux sites industriels, suivi des 18 projets stratégiques et déclinaison des plans d’action filière par filière.