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L’aéroport Lyon-Saint Exupéry vient de créer une filiale lui permettant de vendre son savoir-faire à l’international. Les premiers contrats ont été signés avec deux aéroports congolais dont il va conseiller le management et avec la plate-forme de Pristina, capitale du Kosovo. Un contrat signé pour vingt ans. Pour Philippe Bernand, ce nouveau métier va permettre à l’aéroport lyonnais qu’il dirige de se frotter à de nouveaux défis assurant des retours d’expérience et étoffant son équipe technique. Tout en améliorant le bilan de l’aéroport…

Il n’a certes pas la taille de l’aéroport de Singapour, mais Lyon Saint-Exupéry vient de remporter pour une durée de vingt ans, la conception, la construction, le financement, la gestion et la maintenance de l’aéroport de Pristina, la capitale du Kosovo (1,2 million de passagers par an).

Avec Socotec, l’aéroport lyonnais a également gagné-face à Bouygues !- le marché de l’expertise de projets de deux aéroports congolais, ceux de Brazzaville et d’Ollombo que le gouvernement de ce pays d’Afrique noire veut développer de manière importante.

Deux marchés, mais une même manière de se faire les dents sur un nouveau métier sur lequel l’aéroport lyonnais a décidé de parier : l’ingénierie du transport aérien.

Pour ce faire, il a créé cet été une filiale dédiée sous la forme d’une Société par Actions Simplifiée (SAS) détenue à 100 % par l’aéroport : « Lyon Management & Services » qui vise dès 2012 un chiffre d’affaires de 500 000 euros. Certes modeste, mais prometteur, car le marché est important : les pays émergents se dotent d’aéroports de tailles plus ou moins importantes en nombre grandissant.

Les plus grands aéroports occidentaux comme Paris, Londres ou Francfort, qui ont déjà créé des filiales dédiées, s’octroient les plus gros contrats. Mais pour ceux de plus petite taille, le marché est vaste et Philippe Bernand le directeur de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry qui dirige la nouvelle filiale, entend engranger régulièrement des marchés. Même si, reconnaît-il, «  la compétition entre aéroports est importante. »

Philippe Bernand n’y voit que des avantages : « Nous allons pouvoir agrandir nos équipes techniques, ce qui suscitera un cercle vertueux. Nous pourrons ainsi assurer une plus grande sécurité à nos compétences, tout en développant notre expertise. » D’ores et déjà les nouveaux ingénieurs recrutés par l’aéroport doivent afficher un profil international.

Le directeur de l’aéroport veut à la fois axer cette nouvelle activité dans le domaine de l’ingénierie aéroportuaire et le conseil, mais aussi le management aéroportuaire.

Une dernière activité qui passe par la mise à disposition d’une expertise d’opérateur aéroportuaire, mais aussi la prise de participations financières. « Mais attention, précise Philippe Bernand, ces prises de participation resteront minoritaires. » C’est la raison pour laquelle, Lyon-Saint-Exupéry se fait et se fera accompagner sur chaque marché par un partenaire financier.

Pour le marché de l’aéroport de Pristina, signé le 12 août dernier-premier contrat de partenariat public-privé de la jeune république kosovare- l’aéroport lyonnais est ainsi associé à la société turque Limak avec qui il a créé une société d’exploitation. Il est vrai que cette concession d’une durée de vingt ans constitue un investissement très lourd : 104 millions d’euros.

Il vise à faire passer le trafic de l’aéroport kosovar de 1,2 million de passagers à 4 millions de passagers en 2030. Il prévoit la construction d’un terminal à l’architecture très contemporaine de 25 000 m2, d’une tour de contrôle, d’un parking de 1750 places, mais aussi le développement des commerces, etc.

Bref, une belle vitrine pour vendre ailleurs cette expertise qui ne peut que bénéficier au rayonnement international de l’aéroport lyonnais. En attendant les vols intercontinentaux qui lui manquent toujours cruellement, mais ceci est une autre histoire…

Photo (DR) : Les travaux de l’aéroport de Brazzaville qui bénéficient de l’expertise de Lyon-Saint Exupéry.